BFM Tech

Les Google Cars autonomes savent désormais… klaxonner

L'un des prototypes de voiture autonome sans volant ni pédale de Google.

L'un des prototypes de voiture autonome sans volant ni pédale de Google. - Google

Un grand pas en avant ! Google vient de franchir une nouvelle étape pour intégrer ses voitures à nos paysages quotidiens. Ses Google Cars autonomes sont désormais capables de klaxonner à bon escient et de produire des sons pour avertir les autres usagers de la route.

Comme le disait Pierre Desproges, "un gentleman est un homme qui sait jouer de la cornemuse mais ne le fait pas". Il suffit de vivre ou de marcher quelques heures dans une ville où la voiture n’est pas bannie pour savoir qu’il y a assez peu de gentlemen au volant. Les coups de klaxon intempestifs donnent une idée assez précise du fait que les automobilistes ne connaissent pas son autre nom: l’avertisseur sonore. Autrement dit, on klaxonne pour avertir d’un danger, par exemple, mais pas pour essayer de faire avancer la voiture qui est coincée devant soi. L’usage du klaxon est donc loin d’être maîtrisé par l’humain et pourtant, Google vient d’annoncer que ses voitures autonomes y sont arrivées.

Klaxonner tout en restant polie

Dans son rapport du mois de mai, Google explique comment ses ingénieurs ont "développé une voix pour les voitures autonomes" ou comment ils leur ont "appris à klaxonner", à bon escient s’entend.

Partant du principe, défini par un certain Eugene Garfield, que le klaxon est un instrument de torture. Et si le fait de "klaxonner pour un humain peut être considéré comme un art, [la Google Car] se doit d’être polie, mesurée et de seulement klaxonner quand cela rend la conduite de tous plus sûre".

Car si la décision de klaxonner n’est pas toujours facile à prendre pour un humain, imaginez tout ce qu’une voiture doit apprendre. Ainsi, les Google Cars ont dû apprendre à faire la différence entre un vrai danger et un faux danger, par exemple distinguer une voiture qui roule à contre-sens d’une voiture positionnée à contre-sens car elle fait un demi-tour. De même, les voitures sans conducteur de Google ont dû apprendre à doser leur coup de klaxon. Si une voiture réalise une lente marche arrière dans leur direction et s’approche dangereusement, elle émettra deux petits tut tut pour avertir amicalement l’automobiliste. En revanche, dans une situation plus dangereuse ou urgente, le coup de klaxon sera plus long et fort.

En définitive, le but des ingénieurs de Google est de réussir à faire en sorte que leur voiture "klaxonne comme un conducteur patient et expérimenté". Ils espèrent d’ailleurs bien pousser encore plus loin les limites de la maîtrise de l’avertisseur sonore. "En gagnant de l’expérience en tant que klaxonneur, nous espérons que nos voitures seront capables de prédire comment les autres conducteurs réagissent aux sons dans différentes situations", explique ainsi le rapport mensuel.

Différents sons

Car les équipes de Google ont installé différents types d’avertisseurs. On ne parle pas ici d’une trompe Oh Susanna, mais de la capacité de jouer différents sons du classique tût tût à une sorte de bourdonnement, qui permettrait à des piétons ou des cyclistes d’entendre ces voitures autonomes et électriques, donc plus silencieuses dans certaines situations sur la route. Les voitures de Google ont commencé à parcourir les routes en "klaxonnant" timidement dans l’intérieur du véhicule, pour que le pilote chargé de superviser la conduite sache si l’avertisseur avait été utilisé au bon moment et pour une bonne raison. Désormais, elles le font en extérieur et en confiance. Mais Google a beaucoup travaillé sur l’identité sonore de ces sons, pour qu’ils correspondent à l’idée que les gens se font de ses voitures : "amicales et un peu futuristes". Tout un programme... sonore.