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Le chiffrement de WhatsApp dans le viseur de l'Union européenne?

Facebook, propriétaire de WhatsApp, veut diversifier ses sources de revenus.

Facebook, propriétaire de WhatsApp, veut diversifier ses sources de revenus. - Lionel Bonaventure - AFP

Gage de confidentialité, le chiffrement de bout en bout garanti par plusieurs applications de messagerie reste un obstacle aux enquêtes des forces de l'ordre à l'échelle européenne, selon le Conseil de l'Union européenne.

Ses usages malveillants viendraient contrebalancer ses bienfaits. Le chiffrement des communications n'a pas bonne presse dans les plus hautes instances de l'Union européenne. Dans une note récupérée par la radio autrichienne ORF, la présidence du Conseil de l'Union européenne vient, comme souvent à la suite d'attentats terroristes dont ceux de Vienne, Nice et Conflans-Sainte-Honorine, décrier ce dispositif intégré aux applications WhatsApp et Signal.

Pour les rédacteurs de cette note, le chiffrement ferait ainsi le jeu des criminels. "Les criminels peuvent inclure des solutions de chiffrement disponibles immédiatement, clé en main, à leur mode opératoire", peut-on ainsi lire.

La note suggère l'instauration de procédures pour que les forces de l'ordre aient accès aux communications chiffrées de bout en bout. Pour rappel, le contenu de ces dernières n'est visible que par les interlocuteurs d'une même conversation, et reste hors de portée de WhatsApp, Signal, mais aussi des autorités et services de renseignements.

Contourner le chiffrement

"Les solutions techniques pour gagner un accès aux données chiffrées doivent se conformer à des principes de légalité, de transparence, de nécessité et de proportionnalité", poursuit la note.

Ses auteurs, conscients de la haute sensibilité de cette question, insistent également sur le fait que les solutions pour contourner le chiffrement doivent trouver un équilibre.

"Les autorités compétentes doivent pouvoir accéder aux données de façon légale et ciblée, en respectant les droits fondamentaux et le régime de protection des données, et sans dégrader la cybersécurité", relèvent-ils.

La note fait pour l'heure montre de simple volonté politique de la part des responsables européens et a peu de chances d'être transcrite dans le droit. Plusieurs obstacles viennent en effet s'y opposer.

Pour être rendues effectives, des mesures de contournement du chiffrement devraient être validées par le Conseil européen le 25 novembre, avant de faire éventuellement l'objet d'un processus législatif. Par ailleurs, chaque Etat européen aurait par la suite à adapter les dispositions prises dans son droit national.

Le chiffrement des communications reste dans le viseur des autorités depuis au moins quatre ans. En 2016, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait appelé avec son homologue allemand à s'attaquer aux moyens de communication chiffrés, comme Telegram, WhatsApp, Viber ou Signal, pour mieux anticiper les actes terroristes.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech