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L'auteur du piratage du compte Twitter de Donald Trump échappe à une condamnation en justice

Le compte Twitter du président américain Donald Trump, le 10 août 2020 à Arlington, en Virginie.

Le compte Twitter du président américain Donald Trump, le 10 août 2020 à Arlington, en Virginie. - Olivier DOULIERY © 2019 AFP

Le hacker néerlandais n'a pas été condamné par la justice de son pays, qui a reconnu l'infraction, car il a agi de manière "éthique".

Il s’était connecté au compte Twitter de Donald Trump: un hacker néerlandais qui avait découvert en octobre le mot de passe du président de la première puissance mondiale n’est "pas passible de poursuites". C’est ce qu’a estimé, mercredi 16 décembre, le ministère public néerlandais "après une enquête de l’équipe des crimes de technologies de pointe de la police nationale", dans un communiqué.

Victor Gevers, dont le nom a été révélé par les médias néerlandais, était parvenu lui-même à découvrir le mot de passe de M. Trump, affirme le ministère public, qui le présente comme un "hacker éthique".

"Après être parvenu à se connecter, le Néerlandais a tenté d’entrer en contact avec les autorités américaines afin de leur signaler la vulnérabilité" de l’accès au compte du président, selon le ministère public. "Il s’est ainsi identifié et leur a donné des conseils afin de remédier à cette vulnérabilité", a-t-il ajouté.

L’homme de 44 ans avait par la suite déclaré à la police néerlandaise avoir voulu vérifier la robustesse du mot de passe de M. Trump, souhaitant éviter un piratage de son compte juste avant l’élection présidentielle, en raison d’"enjeux importants", toujours selon le ministère public.

La Maison Blanche avait nié la connexion du hacker, alors que Twitter affirmait ne pas détenir de preuve de l’ouverture d’une session de l’extérieur.

"Aux Pays-Bas, le piratage est passible de poursuites", rappelle le ministère public, qui explique ainsi pourquoi une enquête avait été ouverte dans le pays contre le hacker néerlandais. Cependant, il juge que, dans certaines "circonstances particulières", des poursuites ne sont pas de mise.

Selon les autorités néerlandaises, le hacker a en effet accédé au compte Twitter de M. Trump, mais en "respectant des critères développés par la jurisprudence" et qui font de lui un "hacker éthique". Et il n’a pas tweeté en se faisant passer pour le président américain. "Les autorités américaines ont été informées" des résultats de l’enquête néerlandaise, conclut le ministère public.

M. Gevers avait raconté son aventure dans une interview publiée le 22 octobre dans le journal Vrij Nederland. Il dit avoir essayé plusieurs mots de passe, comme "MakeAmericaGreatAgain", avant d’entrer "maga2020", la contraction du slogan du président républicain, qui lui a donné accès au compte, avait-il déclaré au journal néerlandais.

E.T.