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Désinformation: Facebook prêt à partager les secrets de ses algorithmes avec le régulateur

Une passante devant le logo de Facebook, à Arlington aux Etats-Unis le 17 août 2021

Une passante devant le logo de Facebook, à Arlington aux Etats-Unis le 17 août 2021 - OLIVIER DOULIERY © 2019 AFP

Sous le feu des critiques concernant sa gestion de la désinformation, la multinationale accepte de lever le secret autour de ses algorithmes de recommandation.

Facebook va-t-il faire preuve de transparence concernant ses algorithmes de recommandation, qui sélectionnent les contenus affichés à ses quelque trois milliards d'utilisateurs? L'entreprise semble prête à lâcher du lest sur ses secrets industriels après les nombreuses révélations du Wall Street Journal. Ces derniers jours, le quotidien a publié des études internes de Facebook, pointant les effets de ses algorithmes de recommandation sur la popularité de contenus mensongers ou haineux.

Ce 10 octobre, Nick Clegg, ancien Vice-Premier ministre britannique et désormais vice-président de Facebook en charge des affaires publiques et de la communication, a accordé une interview à CNN. Au cours de l'entretien, il a été invité à s'expliquer sur les effets des algorithmes du réseau social sur la diffusion de fausses informations.

Des algorithmes souvent mis en cause

Tandis que l'entreprise est visée par une enquête du Congrès américain qui pourrait donner lieu à une régulation plus stricte de ses activités, la journaliste Dana Bash a demandé à Nick Clegg s’il soutenait l'idée que le régulateur puisse connaître le fonctionnement des algorithmes de recommandation de contenus de Facebook

“De façon générale, la réponse est oui, nous avons besoin d’une plus grande transparence. Les systèmes que nous avons mis en place [...] devraient pouvoir être audités, si nécessaire par le régulateur afin que l’on puisse vérifier si nos systèmes se comportent tels qu’ils annoncent le faire” a répondu Nick Clegg.

Si l'entreprise a déjà accueilli les pouvoirs publics - y compris français - en son sein pour mieux détailler son système de modération des contenus haineux, elle n'a pour le moment jamais accepté d'expliquer le fonctionnement précis de son algorithme de recommandation.

Cet algorithme est régulièrement accusé de mettre en avant de fausses informations sur le fil d'actualité des internautes, par exemple au sujet du Covid-19, conduisant parfois à des événements tragiques.

Aux Etats-Unis, la responsabilité de Facebook est régulièrement mise en cause dans l'invasion du Capitole le 6 janvier 2021. En France, la plateforme a été visée pour son incapacité à modérer des publications dévoilant le nom et le lieu de travail de Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste.

Depuis quelques mois, Facebook permet à ses utilisateurs de désactiver son algorithme de recommandation pour voir apparaître sur leur fil d'actualité tous les contenus par ordre chronologique. Avec un fonctionnement toutefois limité: l'utilisateur doit activer cet affichage manuellement à chaque nouvelle ouverture de l'application ou du site. Interrogé sur le nombre d'utilisateurs profitant de cette option, Facebook n'a pour l'heure pas répondu à BFMTV.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech