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Facebook arrête de traiter les données des utilisateurs européens de WhatsApp

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Selon l'office irlandais de protection des données personnelles, le réseau social aurait stoppé le traitement de données des utilisateurs de WhatsApp. Mais la situation est loin d'être claire.

Opération rétropédalage chez Facebook. Après avoir imposé aux utilisateurs de WhatApp le partage avec Facebook de certaines de leurs données personnelles (dont le numéro de téléphone), le réseau social aurait décidé de stopper le traitement de ces données dans toute l'Union européenne. C’est en tous les cas ce qu’affirme l'office irlandais en charge de la protection des données personnelles, cité par The Times et Newstalk. Selon cette administration, Facebook "ne procède pas au traitement des données des utilisateurs européens de WhatsApp", à l’heure actuelle en tous cas. Le siège européen de Facebook étant situé à Dublin, les questions relatives à la protection des données personnelles sont en effet gérées par cet organisme.

Contacté par la rédaction, Facebook France n'a pas pu nous confirmer une suspension à échelle européenne, mais seulement pour le Royaume-Uni. Par ailleurs, la filiale française souligne que cette interruption ne concerne que le traitement des données à usage publicitaire, pas le traitement des données dans un but technique ("amélioration de l'infrastructure", "protéger les systèmes", "combattre les spams", etc.). Il y aurait donc quand même un transfert des données des utilisateurs.

Tout transfert est interdit en Allemagne

En Allemagne, en revanche, il semblerait que ce transfert soit totalement arrêté depuis que l'office de protection des données personnelles de Hambourg a sommé Facebook d'arrêter de "collecter et sauvegarder" les données des utilisateurs allemands. Et, à priori, cet office ne fait pas de distinction entre traitement à usage publicitaire et traitement à usage technique.

Le 27 octobre dernier, par ailleurs, l’association des offices de protection de données personnelles des pays de l’Union européenne (Article 29) a également manifesté ses doutes sur la légalité de ce transfert au travers d’une lettre envoyée Jan Koum, PDG de WhatsApp. L'association épingle en particulier la société sur la manière dont le changement des conditions d'usage a été notifié auprès des utilisateurs et donc sur la validité du consentement de ces derniers. En effet, non seulement la formulation utilisée par WhatsApp a été particulièrement absconse, mais en plus la désactivation de ce transfert n'était possible que pour les anciens utilisateurs, pas les nouveaux. L'association n'apprécie pas non plus le fait que les données des utilisateurs de WhatsApp soient susceptibles d'être partagées avec l'ensemble des entreprises du groupe Facebook, même si les utilisateurs de WhatsApp ne sont pas utilisateurs de leurs services.

A l'heure actuelle, de nombreuses questions restent donc ouverte. Quelles données sont réellement collectées? Et auprès de quels utilisateurs WhatsApp? Et dans quel but?