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Facebook interrompt la collecte de données des utilisateurs de WhatsApp en Grande-Bretagne

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- - cc Sam Azgor

Menacé de représailles judiciaires, le groupe américain a accepté de cesser temporairement le partage de données entre le réseau social et l'appli de messagerie.

On ne badine pas avec la protection des données en Grande-Bretagne. Le Information Commissioner’s Office (ICO), l’équivalent britannique de la Cnil, a annoncé que Facebook acceptait de suspendre le partage de données entre le réseau social et l’appli WhatsApp.

Cet accord est une victoire pour la commissaire à l’information, Elizabeth Denham, qui a lancé une enquête sur ce partage de données il y a quelques mois déjà. Fin août, Facebook intégrait dans une mise à jour de l’appli de messagerie la possibilité de récupérer les données des utilisateurs de WhatsApp, notamment leurs numéros de téléphone, à des fins publicitaires. Les internautes ont protesté et les Cnil européennes ont indiqué qu’elles allaient scruter ces changements à la loupe.

"Les modifications effectuées par WhatsApp et Facebook vont affecter un grand nombre de personnes. Certains peuvent considérer que cela leur offrira un meilleur service, d’autres s’inquiéter du manque de contrôle. Notre rôle est de faire la lumière sur ce genre de choses, de nous assurer que les entreprises sont transparentes avec le grand public sur la façon dont elles partagent leurs données privées, et de protéger les consommateurs en nous assurant que la loi est respectée", avait à l’époque déclaré la responsable britannique.

Facebook estime agir en conformité avec la loi

"Je ne pense pas que les utilisateurs aient reçu suffisamment d’explications de la part de Facebook sur ce qu’il allait faire de ces données, a-t-elle déclaré en ce début novembre dans un communiqué. Et je ne pense pas non plus que WhatsApp ait reçu l’accord de ses utilisateurs pour partager leurs données." Pour la responsable, ceux-ci devraient aussi avoir la possibilité de contrôler la façon dont leurs données sont utilisées en permanence, et pas seulement pendant 30 jours.

Elle a donc intimé l'ordre au groupe américain de cesser ses pratiques... sous peine d'entamer des poursuites.

"Nous avons rappelé la loi à Facebook et nous sommes heureux de voir qu’ils ont accepté d’interrompre la collecte de données d’utilisateurs britanniques pour un usage publicitaire ou pour améliorer leurs produits", a ajouté la responsable.

Ce à quoi la firme de Menlo Park a tout de même tenu à répondre qu’elle estimait que ses conditions d’utilisation mises à jour en août étaient conformes à la loi et suivaient les règles de la Cnil britannique. Et d’ajouter qu’elle restait disponible pour répondre aux questions des organismes de protection des données.