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Publicité: Facebook permet de cibler les utilisateurs intéressés par des dirigeants nazis

L’une des premières applications à laquelle pense Facebook est de créer sa propre cryptomonnaie pour permettre à ses utilisateurs de réaliser des transferts d’argent.

L’une des premières applications à laquelle pense Facebook est de créer sa propre cryptomonnaie pour permettre à ses utilisateurs de réaliser des transferts d’argent. - Sous licence Creative Commons CC0

Le Los Angeles Times a réussi à cibler plus d'un million d'utilisateurs considérés par Facebook comme "intéressés" par différents dirigeants nazis. En tout, leurs publicités ont été vues par plus de 4000 personnes en 24 heures. Pour seulement 25 dollars (22 euros).

Facebook se remplit les poches avec les recettes publicitaires. En 2018, elles ont rapporté plus de 55 milliards de dollars (48,5 millions d’euros) au réseau social. Car l'entreprise a trouvé un moyen très efficace pour séduire ses annonceurs: il leur propose de cibler une petite partie des utilisateurs, susceptibles. Comme "les personnes de 18 à 35 ans qui habitent en France". Mais aussi celles qui s’intéressent à "Joseph Goebbels", "Josef Mengele" et "Heinrich Himmler", tous trois criminels de guerre nazi, a découvert le Los Angeles Time.

Les catégories de ciblage sont régulièrement critiquées. En 2018, The Intercept révélait que le réseau social permettait aux annonceurs de cibler les utilisateurs intéressés par la théorie raciste du "génocide blanc". Pourtant, un an auparavant, Facebook avait promis que toutes les catégories de ciblages seraient examinées par des humains pour éviter que des publicités ne favorisent les abus ou la discrimination. L’été dernier, le réseau social a d'ailleurs annoncé la suppression de 5000 catégories.

Des efforts loin d'être suffisants 

Le Los Angeles Times a voulu tester les limites du ciblage publicitaire de Facebook. Depuis différents scandales, le réseau social ne permet plus de cibler les personnes qui s'intéressent aux termes les plus évidents comme "nazi", "Hitler", "suprématie blanche" ou "Holocauste".

Mais les journalistes n’ont eu aucun problème à viser toutes les personnes intéressées par des dirigeants nazis comme Goebbels. Le réseau social les a également autorisé à cibler les fans de Skrewdriver, un groupe punk anglais suprémaciste blanc. Et a même automatiquement suggéré une série de sujets liés aux mouvements d'extrême droite européens pour renforcer la portée de cette publicité. En tout, le Times a pu cibler plus d'un million d'utilisateurs intéressés par Goebbels ou le Parti national fasciste italien, dissous en 1943. Et toutes leurs publicités ont été vues par plus de 4000 utilisateurs en 24 heures pour seulement 25 dollars (22 euros).

Mais comment Facebook peut-il déterminer qu'un utilisateur est "intéressé" par des dirigeants nazis? Le réseau social n'a pas fourni de réponse claire. Il a simplement expliqué que ces catégories étaient générées automatiquement en fonction de l'activité de l'utilisateur: likes, commentaires et groupes rejoints.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech