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Après avoir fraudé 40.000 euros à la CAF, une Normande condamnée grâce aux réseaux sociaux

L’agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa), créée en 2017, est  affiliée à la Caf

L’agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa), créée en 2017, est affiliée à la Caf - Philippe Huguen -AFP

La jeune femme se déclarait mère célibataire et avait déclaré une fausse adresse. Ses publications en ligne l’ont trahie.

Ce sont près de 40.000 euros qui ont été dérobés à la caisse d’allocations familiales (CAF) de la Manche entre décembre 2015 et août 2018 par une femme de 31 ans, rapporte La Manche Libre. Condamnée à 500 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Coutances (Manche), la prévenue avait déclaré un statut de mère célibataire afin de bénéficier de prestations sociales, malgré une situation de concubinage, précise l’hebdomadaire normand.

Elle a été trahie par ses propres publications sur les réseaux sociaux, qui ont permis à l’administration de découvrir sa véritable situation et d’établir qu’elle vivait en réalité en couple à une autre adresse que celle qui avait été déclarée.

Réseaux sociaux et intelligence artificielle

Ce n’est pas la première fois que la CAF identifie des fraudeurs en exploitant les réseaux sociaux. Fin 2019, une cinquantenaire avait elle aussi affirmé être mère célibataire entre 2014 et 2018, avant d’être trahie par des publications Facebook mettant en avant son compagnon. Après avoir perçu indûment 25.000, elle avait quant à elle été condamnée à 1500 euros d’amende avec sursis pour fausses déclarations.

Le gouvernement mise également sur l’exploitation des réseaux sociaux par le fisc au niveau national. En 2019, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin annonçait l’expérimentation pendant trois ans de l’analyse de telles données pour détecter des fraudeurs fiscaux, en se basant sur les informations publiées sur Facebook, Twitter, Instagram, mais également sur des sites de petites annonces comme eBay ou Le Bon Coin.

L’administration fiscale utilise par ailleurs un logiciel d’analyse automatique pour repérer de potentielles irrégularités dans les déclarations de quelque 5 millions d’entreprises et 37 millions de foyers fiscaux, en les croisant avec d’autres bases de données pouvant mettre en lumière des revenus non déclarés. Un système qui a permis de recouvrer 785 millions d’euros supplémentaires en 2019.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech