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A quoi devrait ressembler la nouvelle version de StopCovid

La première version de l'application StopCovid, lancée le 2 juin.

La première version de l'application StopCovid, lancée le 2 juin. - JOEL SAGET © 2019 AFP

Une nouvelle version de StopCovid est attendue le 22 octobre. Elle ne devrait pas fondamentalement différer de la version initiale, au succès mitigé.

La première version de StopCovid vit ses derniers jours. L'application de traçage numérique française fera peau neuve le 22 octobre, a annoncé Jean Castex ce lundi, sur FranceInfo. Le premier ministre, qui avait reconnu ne pas l'avoir téléchargée, a une fois de plus admis que l'outil "n'avait pas eu les effets escomptés" pour lutter contre la pandémie.

TéléCovid ou Alerte Covid ?

L'exécutif se garde pour le moment d'en dire plus sur les modifications apportées à StopCovid. Une chose est sûre: elle ne s'appellera pas TéléCovid, comme l'a pourtant glissé Jean Castex. Ce nom est déjà pris, par une application de suivi des malades dans le Morbihan. Europe 1 parie pour sa part sur "Alerte Covid", ce que le cabinet de Cédric O ne confirme pas auprès de BFM Tech. "Il n'y a rien d'arrêté et cela ne constituera en rien l'alpha et l'oméga de la relance de l'application" précise un proche du dossier.

Pour le gouvernement, il s'agit d'être "plus pédagogique et plus cohérent dans les explications apportées aux Français, en faisant en sorte que les bars et restaurants mettent eux aussi la main à la pâte". L'intégration de QR codes à l'application, à la manière de ce qui a été entrepris au Royaume-Uni dans les restaurants, est ainsi la piste la plus sérieuse à l'heure actuelle. Ces mêmes QR codes servent à garder en mémoire l'heure et l'identifiant d'un client, pour le recontacter en cas de contamination potentielle.

Autre piste envisagée, et relayée par Europe 1: modifier les paramètres d'envoi de notifications, pour avertir les utilisateurs d'une potentielle contamination au bout de cinq minutes de contact avec un individu déclaré positif, et non plus quinze minutes. Le nombre de notifications envoyées s'avère pour le moment faible: selon des chiffres gouvernementaux publiés la semaine passée, moins de 500 alertes ont été envoyées, pour 7.969 personnes déclarées comme positives.

Pas d'alertes locales

Le cabinet de Cédric O dément également cette piste, ainsi que celle de l'envoi d'alertes locales, pour signaler la recrudescence de l'épidémie dans la commune ou le département des utilisateurs de StopCovid 2. "Cette hypothèse est exclue d'office, sachant que StopCovid a pris le parti de protéger au maximum les données de ses utilisateurs, et de ne recourir en aucun cas à leur géolocalisation".

Les changements essentiels tiendront ainsi aux informations affichées dans la nouvelle version de l'application, qui se veut "plus interactive". "L'un des soucis de StopCovid tient actuellement au fait qu'une fois l'application lancée, l'utilisateur lambda est très rarement, voire jamais sollicité. L'utilité de l'application lui semble ainsi loin d'être évidente", fait ainsi savoir un cryptographe qui compte parmi les 155 signataires d'une mise en garde contre les applications de traçage numérique, diffusée en avril.

Pas d'obligation mais une campagne de promotion

L'application restera par ailleurs fidèle à son système centralisé, qui la distingue de la majorité des applications européennes, et freine son interopérabilité. Plus concrètement, l'application française ne peut pour l'heure interagir avec les applications allemande ou britannique, en cas de voyage à l'étranger. Il est dès lors recommandé de télécharger les applications locales.

Enfin, le téléchargement de l'application ne sera en aucun obligatoire. Le cabinet de Cédric O en profite pour préciser que, malgré ce que le nouveau protocole sanitaire lillois pourrait laisser entendre, les restaurateurs de la ville ne seront pas contraints d'activer StopCovid. "Le téléchargement restera sur le base du volontariat", note ainsi le cabinet. Une grande campagne de communication devrait en revanche être lancée pour donner toutes ses chances à la seconde mouture.

L'un des derniers changements envisagés tient à la maintenance de l'application, et sera peu visible du côté des utilisateurs. Un avis de marché pour l'ouverture à la concurrence de cette même maintenance a été publié le 10 octobre, pour une date limite de remise des candidatures le 12, soit un délai extrêmement restreint. La maintenance et l'hébergement de StopCovid sont facturés entre 200.000 et 300.000 euros par mois, relevait L'Obs en juin.

Par cette nouvelle version de StopCovid, l'exécutif entend donner un nouveau souffle à l'application, pour contrer la seconde vague qui prend actuellement forme. Le secrétaire d'Etat chargé du numérique Cédric O avait admis la semaine passée devant le Sénat que, dans l'état actuel des choses, l'application marchait "mal", dans le sens où elle n'avait pas rencontré son public, notamment en raison d'un "manque de confiance". Elle aura été téléchargée près de 2,6 millions de fois depuis son lancement, contre 16 et 18 millions pour les applications britannique et allemande.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech