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Saint-Etienne: l'université Jean Monnet rejette la fusion avec Lyon

Un cours à l'université (illustration).

Un cours à l'université (illustration). - JEFF PACHOUD

Le conseil d'administration de l'université Jean Monnet de Saint-Etienne craignait notamment "de voir partir les meilleures formations" à Lyon.

Le conseil d'administration de l'université stéphanoise Jean Monnet a rejeté ce vendredi la fusion avec les universités Lyon 1, Lyon 3 et l'ENS lyonnaise, par crainte notamment "de voir partir les meilleures formations" à Lyon, a indiqué le maire de Saint-Etienne.

Dès la réception du projet de statuts en décembre 2019, Gaël Perdriau explique avoir estimé que "le texte ne présentait pas les garanties suffisantes pour assurer une gestion optimale du campus stéphanois répondant aux intérêts des étudiants et des enseignants", souligne-t-il dans un communiqué, à l'issue du vote de ces statuts, largement rejetés par le conseil d'administration de l'université Jean Monnet (UJM).

"Un risque évident de voir les meilleures formations quitter le territoire"

"L'attractivité de l'UJM s'en trouvait sérieusement altérée, avec un risque évident de voir les meilleures formations quitter le territoire, affaiblissant par la même occasion le tissu économique local", poursuit Gaël Perdriau, également président de Saint-Etienne métropole.

Pour lever ces appréhensions, précise-t-il, il avait notamment demandé "d'obtenir l'assurance que le campus stéphanois dispose bien d'une délégation totale de moyens et de pouvoir dans la gestion et l'utilisation de sa dotation".

Cette délégation devait comprendre la gestion des emplois. Elle devrait enfin concerner les ressources propres générées au sein du campus dont l'utilisation devrait respecter le principe de territorialité, détaille-t-il.

"Les partenaires lyonnais ont refusé de faire évoluer réellement les statuts"

Depuis près d'un an, le maire de Saint-Etienne a multiplié les rencontres, "allant jusqu'à défendre le dossier devant le ministre de l'Enseignement supérieur le 15 octobre dernier", rappelle-t-il.

"A de trop nombreuses reprises des questions sont restées sans réponse crédible (...). Ainsi, pourquoi certains établissements stéphanois, tels l'Ecole des Mines ou l'Ecole Supérieure d'Art et Design, n'ont pas été réellement associés pour intégrer le futur ensemble ou alors avec des statuts mal définis ?", s'interroge-t-il.

Et sur un point précis, "les partenaires lyonnais, sur un fond d'indifférence à peine voilé de la part de l'actuel gouvernement, ont refusé de faire évoluer réellement les statuts : la gouvernance", déplore-t-il enfin.

140.000 étudiants auraient été rassemblés

Des enseignants et personnalités locales refusaient aussi cette fusion par crainte de perdre la personnalité juridique et morale de l'université Jean Monnet au sein du mastodonte lyonnais, qui aurait rassemblé 140.000 étudiants. De son côté, la présidente de l'UJM, Michèle Cottier, la défendait aux côtés du monde économique.

La décision de l'université stéphanoise porte un nouveau coup au projet d'université de rang mondial (IDEX) de Lyon Saint-Etienne, qui a déjà perdu en route l'Insa de Lyon.

F.R. avec AFP