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Lyon: insultes, menaces, agressions... les chauffeurs de bus TCL racontent leur quotidien

Dénoncant l'insécurité qui règne dans les transports en commun, les chauffeurs de bus des TCL ont décidé de se mettre en grève ce lundi.

La grève des chauffeurs de bus des TCL bat son plein ce lundi matin à Lyon avec 46 lignes à l'arrêt et deux lignes de tramway, les T5 et T7, qui ne circulent pas non plus. Le motif de la grève? L'insécurité que ressentent les chauffeurs, dont plusieurs ont été agressés ces dernières semaines. Le 1er septembre, un bus a été visé par plusieurs tirs d'arme à feu à Sainte-Foy-lès-Lyon. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour Christophe Brossat, qui en 13 ans de carrière, assure avoir vu la situation se dégrader.

"Il y a un petit moment, un conducteur sur Rillieux-la-Pape s'est fait attaquer au tournevis, récemment c'est une agression au cutter, des jets de pavés dans le pare-brise d'un bus", énumère-il au micro de BFM Lyon, évoquant un "ras-le-bol, un trop plein, un ensemble de choses qui font que beaucoup de conducteurs se lèvent le matin en se demandant ce qui va leur arriver aujourd'hui".

"Angoisse permanente"

En 2014, Guillaume Michaud, conducteur receveur au dépôt de Perrache, s'est fait frapper par un usager après lui avoir demandé de jeter sa bouteille d'alcool. Aujourd'hui encore, il reste traumatisé:

"Ce sont des moments que je ne souhaite à personne, parce qu'on est atteint autant psychologiquement que physiquement, raconte-t-il. Le plus dur c'est de pouvoir revenir dans un bus. Encore aujourd'hui quand je reviens dans le secteur où je me suis fait agresser (...) c'est une angoisse permanente et qui revient systématiquement".

Pour remédier au problème, les chauffeurs demandent la présence d'agents de sécurité, "que les agents de maîtrise ressortent un peu des dépôts et puis qu'ils soient sur le terrain, on ne voit plus personne, on est livrés à nous-mêmes", constate un dernier conducteur. Et de prévenir qu'ils continueront la grève jusqu'à obtenir gain de cause.

Maéva Comsis et Louis Chahuneau