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Marine Le Pen propose que les logements sociaux soient réservés en priorité aux Français

Marine Le Pen, le 23 septembre lors d'une conférence de presse à Metz

Marine Le Pen, le 23 septembre lors d'une conférence de presse à Metz - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN © 2019 AFP

La candidate à la présidentielle estime que se sont "d'abord, en priorité, les Français, et particulièrement les Français modestes qu'il faut loger".

Marine Le Pen a affirmé qu'elle comptait appliquer au logement social la "priorité nationale", un concept qu'elle souhaite plus largement inscrire dans la Constitution via un référendum. Selon Marine Le Pen, se sont "d'abord, en priorité, les Français, et particulièrement les Français modestes qu'il faut loger".

"La condition pour bénéficier de la priorité nationale, c'est avoir la nationalité française", mais il est "faux" de dire "qu'elle aurait vocation à s'appliquer en fonction des origines", a martelé Marine Le Pen.

"Tous les Français, qu'ils soient d'origine française ou ayant obtenu la nationalité française, doivent pouvoir bénéficier de la priorité nationale au logement", a-t-elle ajouté. "La priorité nationale, c'est à situation égale, rendre les Français prioritaires chez eux" pour accéder aux HLM, "or aujourd'hui, (...) c'est la logique inverse qui s'applique", a affirmé Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Metz.

"Deux fois plus souvent locataires d'HLM"

En effet "les ménages immigrés sont deux fois plus souvent locataires d'HLM que les autres" a-t-elle affirmé, y voyant un "dévoiement total de la mission première du logement social par une forme de priorité étrangère". Un ménage immigré est un ménage où la personne de référence est née étrangère à l'étranger (ce qui inclut des Français, puisqu'on peut être à la fois immigré et Français).

Marine Le Pen avait indiqué le 14 septembre qu'elle organiserait, si elle était élue en 2022, un référendum pour inscrire dans la Constitution la préférence nationale. Candidate à la présidentielle en 2017, elle plaidait déjà pour inscrire dans la Constitution la "priorité nationale", notamment en matière d'emploi.

En 2013, 34% des ménages immigrés sont locataires du parc social. Chez les ménages non immigrés, cette part est de 15% (ce qui revient à un écart de 18 points), selon l’enquête Logement de l’Insee publiée en 2017. L’institut souligne que ce qui détermine le fait d’être locataire ou non du parc HLM est en grande partie lié à l’âge, au statut familial, au niveau de revenus et la taille de l’unité urbaine dans lequel vit le ménage. Si la part des locataires HLM est plus importante chez les immigrés, c’est ainsi notamment parce qu’ils sont en moyenne plus pauvres que les ménages non immigrés. De même, c’est aussi pour ça qu’ils sont moins propriétaires que la moyenne. “Les caractéristiques sociodémographiques expliquent 14 points” (sur 18) de l’écart observé entre ménages immigrés et ménages non immigrés, précise ainsi l’Insee. Il existe ainsi un “écart résiduel de 4 points attribuable à des facteurs non modélisés, dont le fait même d’être un ménage immigré”.

Par ailleurs, l'origine des ménages immigrés a un impact important sur la part de locataires en logement social. “Les ménages originaires d’Afrique hors Maghreb sont les moins nombreux à être propriétaires (seulement 13% en 2013). 51% d’entre eux sont locataires dans le secteur social, soit 14 points de plus qu’en 1996, et leur part dans le secteur locatif libre a fortement diminué (passant de 46% à 34%). La moitié des ménages d’origine maghrébine résident dans le secteur social et seuls 24% sont propriétaires. À l’inverse, les ménages originaires d’Espagne, d’Italie ou du Portugal sont en majorité propriétaires (59%)”, note aussi l’Insee.

19,5% des locataires au global

Reste qu’il y a beaucoup moins de ménages immigrés que de ménages non immigrés. Dans cette enquête, l’Insee dénombrait 2,7 millions de ménages immigrés (1,1 million sont français, 1,6 million sont étrangers) et 25,3 millions de ménages non immigrés en 2013. Ce qui signifie, comme l’a confirmé à BFM Immo l’Insee, qu’il y a :

  • 918.000 ménages immigrés locataires du parc social (34% de 2,7 millions de ménages)
  • 3,8 millions de ménages non immigrés locataires du parc social (15% de 25,3 millions de ménages)

Donc sur l’ensemble des ménages locataires du parc HLM (4,72 millions de ménages), 80,5% d’entre eux sont donc non immigrés et 19,5% sont immigrés. On notera que "la caractérisation du secteur social dans l'enquête Logement se fait sur la base du déclaratif", souligne aussi l'Insee.

Pour rappel, un ménage est considéré comme immigré par l’Insee lorsque la personne de référence de ce ménage est immigrée. Une personne immigrée se définit comme vivant en France et née étrangère dans un pays étranger. La personne de référence se définit dans le groupe de personnes se définissant comme principaux apporteurs de ressources du ménages, l'actif le plus âgé.

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze avec AFP Journaliste BFM Éco