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Crédit immobilier: les conditions pour emprunter restent exceptionnelles en fin d'année

Même si les taux remontent, ils sont toujours à un niveau exceptionnel.

Même si les taux remontent, ils sont toujours à un niveau exceptionnel. - DR

Alors que les taux immobiliers remontent légèrement, les emprunteurs bénéficient encore de conditions exceptionnelles. En revanche, emprunter sous 1% sur 20 ans ne concerne plus que les bons profils.

À l'approche des fêtes de fin d'année, le marché de l'immobilier retrouve la raison avec un léger ralentissement hivernal, notamment dans les grandes villes. La demande reste toutefois présente portée essentiellement par des taux extrêmement bas et par les envies d'espace des particuliers qui voient la pierre comme un placement sécurisé dans un contexte inflationniste. Pour preuve, la croissance des crédits à l'habitat est restée particulièrement soutenue en octobre avec +6,4% en octobre après +6,6% en septembre, selon la Banque de France dans sa publication mensuelle en décembre.

Niveau record et marge de négociation

Malgré une tendance haussière, pour emprunter en décembre 2021, les taux restent historiquement bas. Selon Vousfinancer, les taux affichés s'établissent à "1% sur 15 ans, 1,15% sur 20 ans et 1,40% sur 25 ans". Des taux immobiliers qui peuvent être encore plus attractifs pour les meilleurs profils "toujours à des niveaux records : 0,50% sur 15 ans, 0,70% sur 20 ans et 0,90% sur 25 ans."

Néanmoins, si les taux d'intérêt sont au plancher, le niveau d'apport est de plus en plus élevé. Selon le courtier Empruntis, "les primo-accédants ont en moyenne apporté 68.448 euros (+4,6% sur un an) et les secundo-accédants 88.547 euros (+11%)". Un phénomène qui s'explique par la hausse des prix que les taux bas ne compensent pas toujours.

"Même si le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) n’indique pas noir sur blanc dans sa recommandation qu’il faut 10% d’apport personnel, pouvoir injecter de l’épargne dans le projet permet d’emprunter moins et donc de réduire l’endettement et la durée du crédit…", rappelle Vousfinancer.

Hausse des taux d'intérêts limitée en 2022

La tendance de taux historiquement bas est en passe de s'inverser. "Les hausses que nous observons depuis quelques semaines pourraient se poursuivre à la rentrée mais de manière très contenue pour ne pas casser la dynamique du secteur totalement dépendante de ces taux bas", observe Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole du courtier Meilleurtaux.

Avec des objectifs commerciaux élevés, les banques devraient maintenir des taux bas. D'autant plus que "les dossiers traités aujourd’hui sont en réalité déjà de la production 2022. Or, pour maintenir ses objectifs, les taux doivent rester bas", rappelle Maël Bernier.

De plus, "la Banque Centrale Européenne devrait maintenir sa politique actuelle de taux directeurs négatifs jusqu’à la résolution de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques. Ainsi l’OAT 10 ans qui avait atteint 0,22 % en novembre est retombée à 0,15 % au mois de décembre", estime Cafpi qui table sur une relative stabilité des taux (avec des ajustements à la hausse comme à la baisse) dans les mois qui viennent.

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Libéralisation de l'assurance de prêt immobilier

En plus des intérêts, l'autre coût important d'un crédit est son assurance. Celle-ci peut, selon les profils, coûter plus cher que les intérêts. Et les emprunteurs ont la possibilité de faire jouer la concurrence à différents moments :

  • lors de la recherche de crédit immobilier (loi Lagarde)
  • au cours de la première année (loi Hamon)
  • à date d'anniversaire (amendement Bourquin)

L'objectif est d'être assuré à des conditions équivalentes à un tarif plus avantageux. Et une loi est actuellement en bonne voie pour libéraliser le secteur majoritairement détenu par les banques. La loi sur la résiliation dite infra-annuelle, c'est-à-dire la possibilité changement d'assurance emprunteur à tout moment, a été adoptée par l'Assemblée nationale. Le Sénat doit encore l'examiner pour une entrée en vigueur dans les prochains mois. Les emprunteurs auront alors la possibilité de réaliser d'importantes économies sur le coût de l'assurance de leur crédit immobilier.

Marion Marten Perolin