BFM Grand Littoral

Migrants à Calais: un prêtre et deux militants entament une grève de la faim

Evacuation d'un camp de migrants le 29 septembre 2020 à Calais

Evacuation d'un camp de migrants le 29 septembre 2020 à Calais - Bernard BARRON © 2019 AFP

Ils dénoncent "un durcissement très net de la maltraitance des exilés" et espèrent, via cette démarche, obtenir l'arrêt des expulsions et des démantèlements pendant la période hivernale.

Un prêtre et deux militants associatifs ont annoncé entamer une grève de la faim à Calais pour réclamer l'arrêt des démantèlements des camps de migrants pendant la période hivernale et l'ouverture d'un "dialogue" avec l'État sur le traitement des exilés.

"Il y a un durcissement très net de la maltraitance des exilés. C'est une façon pour nous de dire qu'il faudrait que ça s'arrête", a expliqué à l'Agence France-Presse (AFP) Philippe Demeestère, aumônier du Secours catholique pour le Pas-de-Calais, qui a entamé cette grève lundi après-midi dans l'église Saint-Pierre.

Ce prêtre jésuite de 72 ans, qui vit à Calais depuis 2016, dit assister "quotidiennement à des formes de violences psychologiques et physiques": "expulsions toutes les 48h voire quotidiennes, confiscation et destruction des effets personnels, multiplication des arrêtés anti-distribution de nourriture et d'eau, humiliations, coups et blessures de la part des forces de l'ordre...", énumère-t-il dans un communiqué.

1500 exilés à Calais

L'initiative vise à obtenir l'arrêt des expulsions et des démantèlements pendant la période hivernale, de la confiscation des tentes et des effets personnels des migrants et l'"ouverture d'un dialogue entre les autorités publiques et les associations".

"C'est déjà une victoire de s'être rassemblés pour cette cause en tant que Français". Si les autorités font la sourde oreille, "on trouvera d'autres moyens de manifester qu'on est ensemble pour cette cause", ajoute Philippe Demeestère.

L'action a été lancée quelques jours après la publication d'un rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW), selon lequel l'État soumet les migrants à une "humiliation et un harcèlement quotidiens" à Calais et ses environs, où environ 1500 migrants, selon les associations et la mairie, vivotent dans l'espoir de passer en Angleterre.

"Radicalisation de l'État"

Face à la "radicalisation de l'État", "on a voulu faire une action radicale aussi mais non violente en espérant être entendus", confie aussi à l'AFP Anaïs, militante associative de 35 ans. L'idée est "de rétablir le dialogue" qui a disparu au profit de "la répression constante", ajoute Ludovic, 38 ans.

Sollicitée par l'AFP, la préfecture du Pas-de-Calais n'a pas donné suite dans l'immédiat.

Vendredi, appelant "au respect des droits de l'Homme", 200 personnes avaient participé dans la ville à une marche blanche en hommage à un mineur soudanais tué en chutant d'un poids lourd dans lequel il essayait de monter pour rallier l'Angleterre.

F.B. avec AFP