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Lille: un an après, l'encadrement des loyers encore trop peu respecté

Un an après l'entrée en vigueur de cette mesure, près de la moitié des annonces de location à Lille ne respectent pas les loyers de référence.

La mesure devait faciliter l'accès au logement pour les étudiants et les jeunes actifs. Mais un an après son entrée vigueur, l'encadrement des loyers affiche un bilan plus que mitigé à Lille.

Selon une enquête de l'Atelier populaire d'urbanisme (APU) de Fives, sur 313 annonces étudiées, "48,6% dépassent (le loyer de référence) souvent largement, parfois jusqu'au double", a expliqué ce lundi sur BFM Lille, Clément Barbier, membre de l'APU. C'est le cas de 74% des annonces de particuliers, et de 38% pour les agences.

"Peu de risques" pour les propriétaires

Sur les sites immobiliers, on peut ainsi trouver des propositions comme celle de ce studio de 13m², situé rue des Postes et loué 450 euros par mois, soit 150 euros au-dessus de la réglementation. Ou bien ce studio de 19m² à 420 euros par mois, plus de 100 euros supérieur au loyer de référence.

Pour rappel, un bien en location doit respecter une fourchette de prix en fonction de quatre critères: la zone, la typologie, la surface et l'année de construction.

"Un bailleur a finalement très peu de risque", affirme Corentin Deneuville auprès de BFM Lille. Selon ce responsable d'une agence immobilière à Lille, peu de locataires connaissent leurs droits. Et les sanctions restent rares.

"Il y a un gros problème de circulation de l'information", confirme Clément Barbier. "Il y a très peu de communication qui a été faite autour de ce sujet, et il y a très peu de moyens pour mettre en place les sanctions prévues".

Une vingtaine de procédures

Alors, pour l'heure, "c'est 'pas vu, pas pris'", explique Corentin Deneuville. "Tant qu'il n'y aura pas de contrôles, tant que les règles ne seront pas durcies, il y aura toujours de l'abus. L'appât du gain est plus important que le risque", poursuit-il.

Actuellement, seulement une vingtaine de procédures concernant le non-respect de l'encadrement des loyers ont ainsi été déposées à Lille. Et "l'Etat ne donne pas les moyens à ses services pour assumer cette mission de contrôle", regrette Anissa Baderi, adjointe à la mairie en charge de l'habitat.

"Un propriétaire qui ne respecte pas (l'encadrement des loyers) risque de payer 5000 euros pour un particulier, 15.000 euros pour une agence. Mais les services en préfecture qui pourraient mettre en place les sanctions n'ont pas eu de moyens supplémentaires", poursuit Clément Barbier.

Un bilan en automne

"Nous sommes prêts à aider les services de l'Etat (...) nous en discutons. Mais il faut que l'Etat se donne les moyens de ses ambitions et passe à la vitesse supérieur", enjoint de son côté Anissa Baderi.

La ville se laisse toutefois encore un peu de temps avant de tirer les conclusions sur l'application cette mesure. La mairie doit ainsi faire un premier bilan à l'automne 2021.

Chloé Berthod et Noor Oulladi avec Benjamin Rieth