BFM Lille

Les Hauts-de-France ne payeront la SNCF qu'après une amélioration sur les TER

Un TER en gare de Lille, le 29 mars 2018

Un TER en gare de Lille, le 29 mars 2018 - Philippe Huguen © 2019 AFP

Deux jours après l'annonce de la suspension des paiements de la région à la SNCF, le vice-président des Hauts-de-France a conditionné la reprise des paiements à l'amélioration du service de TER.

La région Hauts-de-France a annoncé qu'elle ne reprendrait ses paiements à la SCNF que lorsque le service des TER, qui souffre de retards et d'annulations, se sera amélioré, à l'issue d'une réunion jugée constructive avec des représentants de la compagnie ferroviaire.

"Le jour où les problèmes seront réglés, on paiera l'arriéré", a expliqué Franck Dhersin, vice-président de la région, deux jours après l'annonce de la suspension des paiements à l'entreprise publique en raison de la qualité jugée insuffisante du service.

Tout en se félicitant d'interlocuteurs "très constructifs", Franck Dhersin a indiqué que la région reprendrait ses versements mensuels de quelques 40 millions d'euros lorsque le taux de suppression des TER sera redescendu autour de 2,9%, contre "6 à 9,5%" actuellement.

Un effort particulier pour 9 lignes

La SNCF a promis lors de cette rencontre un "grand plan de recrutement et redistribution de postes" et un effort particulier pour neuf lignes, celles qui subissent le plus d'avaries, comme Lille-Douai-Amiens-Saint-Quentin et Paris-Beauvais.

La SNCF avait déjà présenté un plan de redressement fin octobre. Elle a reconnu dans un communiqué que ce plan avait permis "des progrès techniques" mais pas encore de "résultats visibles" pour les usagers, qui se plaignent de trains annulés sans communication en amont et de trains trop courts, donc bondés.

Attendre mars "pour retrouver un service acceptable"

La région exige, par ailleurs, le remboursement des abonnements des usagers pour les quatre derniers mois "calamiteux", sujet sur lequel la SNCF doit faire des propositions, selon Franck Dhersin.

"Il faudra bien jusqu'à mars pour retrouver (un service) acceptable", anticipe Franck Dhersin, soulignant qu'un an est nécessaire pour former un conducteur de train.

Pour le vice-président de la région, cette situation met en lumière la nécessité d'investissements de l'Etat pour permettre à la SNCF d'embaucher et d'entretenir le réseau.

Il a aussi déploré que les "30 millions d'euros de bénéfices avant impôts" des TER Hauts-de-France l'an dernier aient servi à combler le "trou du TGV" plutôt qu'à investir pour les trains régionaux.

Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, avait reconnu jeudi sur franceinfo que l'entreprise n'avait "pas anticipé un certain nombre de difficultés" dans cette région, citant comme causes principales les feuilles sur les voies, le gibier et le Covid qui a retardé les formations de conducteurs.

E.R avec AFP