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Voici la ville de France qui s'est le plus enrichie depuis 2003

La place du Capitole à Toulouse

La place du Capitole à Toulouse - Benh Lieu Song - Wikimedia Commons - CC

L'agglomération toulousaine a vu son PIB par habitant augmenter de 31,6% entre 2003 et 2013. Bien plus donc que Paris et Lyon. Et depuis 2010, aucune ville de France n'a connu une plus forte croissance économique que Toulouse.

Le poids de Paris dans l'économie tricolore est énorme, si ce n'est démesuré. Une récente étude du Cologne Institute for Economic Research montrait ainsi qu'un tiers du PIB français reposait sur les épaules de sa capitale. Néanmoins, Paris n'est pas pour autant l'agglomération la plus dynamique de France. En effet, selon les récentes statistiques publiées début septembre par la Commission européenne dans son rapport "Urban Europe" (*), le PIB par habitant de la plus grande ville de France est passé de 40.726 euros en 2003 à 53.578 euros en 2013, soit une hausse de 31,56%.

Une hausse nettement supérieure à la moyenne, mais pas aussi forte que celle d'une autre capitale régionale. Le record est en effet détenu par Toulouse (+31,6%), le PIB par habitant passant de 28.733 euros par habitant à 37.833 euros. Mieux donc que Lyon, troisième avec une croissance de 30%.

Sur la période 2010-2013, Toulouse surclasse d'une façon encore plus spectaculaire toutes les autres agglomérations, avec un bond de 9,4% contre 3,8% pour Paris. Seul Poitiers (8%) s'approche un tout petit peu de Toulouse.

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L'aéronautique mais pas que

De fait, l'agglomération toulousaine jouit d'une attractivité forte. "Sur les vingt dernières années, Toulouse a eu la plus forte croissance démographique, devant Montpellier. 80% de cette croissance démographique est due à l'arrivée de personnes provenant d'autres régions. Et la moitié d'entre elles sont originaire de l'Île-de-France", explique Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole.

Ces nouveaux arrivants dans la ville rose ne sont évidemment pas (uniquement) attirés par le soleil et le climat de la capitale du Languedoc mais par des perspectives de carrières. "Ces nouveaux arrivants constituent des emplois très qualifiés, attirés par l'écosystème que nous avons créé", confirme Jean-Luc Moudenc. En effet, le bassin d'emploi de l'agglomération toulousaine est dominé par des industries de pointe, en croissance. Ce qui explique pourquoi le PIB par habitant, soit la richesse produite par chaque citoyen, ait tant augmenté.

Évidemment on pense au dynamisme d'Airbus, qui emploie 21.000 personnes à Blagnac. L'avionneur a multiplié les années de prises de commandes record avec un carnet de commandes qui représente plus de 10 ans de production. Et tout le réseau de sous-traitants du groupe est entraîné dans son sillon. Et outre Airbus d'autres grands groupes secteur (Safran, ATR, Thalès…) sont implantés à Toulouse.

L'Est et le Centre à la traîne

"Il est aussi un réalité plus discrète qui est le secteur spatial, très sensible à la conjoncture internationale, et qui, malgré un contexte de crise, a su se diversifier et multiplier les évolutions technologiques. Si bien qu'aujourd'hui il se porte bien", ajoute Jean-Luc Moudenc.

L'innovation appelant l'innovation, l'aéronautique et l'espace entraînent avec eux un ensemble d'entreprises spécialisées dans le numérique. Si bien que Toulouse a été l'une des premières villes à avoir obtenu fin 2014 le label French Tech décerné aux agglomérations ayant un fort tissu de start-ups.

Enfin, la ville est également un pôle important de recherche dont le vaisseau amiral reste l'École d'Économie de Toulouse, considérée comme l'une des meilleures d'Europe et incarnée par le Prix Nobel 2014 d'Économie Jean-Tirole ("un Toulousain resté fidèle à Toulouse", se réjouit Jean-Luc Moudenc).

En dehors de Toulouse le classement montre que le Sud et l’Ouest de la France sont bien plus dynamiques que l’Est et le Centre. Nice, Marseille et Montpellier sont autant de grandes villes qui ont vu leur PIB/habitant augmenter d’au moins 25% entre 2003 et 2013. À l’inverse, Besançon (+3,6%), Limoges (+7%), Mulhouse (+9,2%) et Orléans (+9,7%) sont les seules villes qui ne dépassent pas les 10%.

(*) L'étude de la Commission européenne a retenu les métropoles françaises qui, ville et banlieues comprises, comptent au moins 250.000 habitants.

Emeline Gaube (infographie) et Julien Marion