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Une coopérative ferroviaire veut rouvrir une liaison entre Lyon et Bordeaux sans passer par Paris

RailCoop propose un trajet plus long d'une heure, mais sans passer par Paris

RailCoop propose un trajet plus long d'une heure, mais sans passer par Paris - AFP

La coopérative ferroviaire RailCoop a déposé un dossier auprès de l'autorité de régulation des transports afin de lancer une liaison privée entre Bordeaux et Lyon. Depuis 2014, le trajet en train entre ces deux villes nécessite de passer par Paris et de changer de gare.

Pour effectuer le trajet en train entre Lyon et Bordeaux, il faut passer par Paris. Le voyage dure environ 5 heures 40 dont une heure pour aller de la gare de Lyon à celle de Montparnasse. La distance parcourue atteint le millier de kilomètres alors que les deux villes sont à 550 km l'une de l'autre.

Depuis 2014, année de la suppression de la ligne directe entre Lyon et Bordeaux, c'est ce que font les voyageurs. Mais l'ouverture à la concurrence des lignes ferroviaires en décembre 2020 pourrait tout changer. Railcoop, une coopérative ferroviaire (SCIC) en est convaincue. Elle vient de déposer une demande à l’Autorité de Régulation des Transports (ART) pour recréer cette liaison. 

“Le marché province-province en train classique reste largement inexploité en France. Pourtant, il y a une forte demande”, estime Dominique Guerrée, président de Railcoop. 

Un trajet plus long mais sans changement

Le trajet, qui se fera en train classique, ne nécessitera pas de passer par Paris, certes, mais le temps de trajet n'en sera pas raccourci. Au contraire, il nécessitera une heure de plus. 

L'explication est simple. La liaison entre la seconde et la cinquième ville de France se fera en mode omnibus. La ligne desservira Bordeaux, Libourne, Périgueux, Limoges, Saint-Sulpice-Laurière, Guéret, Montluçon, Gannat, Saint-Germain-des-Fossés, Roanne et Lyon.

Pour Railcoop, ce n'est pas un problème. "il y a une vraie demande pour des services ferroviaires directs, confortables, sûrs, à un prix abordable et pour lesquels l’enjeu de vitesse est secondaire”, affirme pour Quentin Neurohr, sociétaire de Railcoop et dirigeant de Copomo, un cabinet de conseil en mobilités.

Pour Railcoop, le ferroviaire a un rôle essentiel dans la mobilité de demain. “Nous faisons le constat, dans le cadre de la transition écologique en cours, que nous avons besoin du ferroviaire. L’ouverture à la concurrence donne à Railcoop l’occasion unique pour les citoyens de proposer une offre complémentaire au service public”, explique Dominique Guerrée.

La coopérative se pose en concurrente du transport aérien pour les trajets inférieurs à 500 km. Elle compte par ailleurs faire rouler des trains de marchandises dès 2021.

Face à Transdev et Deutsche Bahn

Le pari est audacieux d'autant que son directeur général, Nicolas Debaisieux, confiait en mars dernier au quotidien La Montagne qu'il n’irait pas "à la chasse aux subventions d’équilibre" en affirmant que "l'objectif est de créer un service rentable".

Pour y parvenir, Railcoop cherche à attirer de nouveaux sociétaires. Il y en a actuellement 369. Elle espère atteindre 3.000 sociétaires d'ici la fin d'année.

Pour les rames, la coopérative compte louer des Regiolis, une génération de rames automotrices construites par Alstom issue de la famille Coradia, nous a précisé à BFMTV Alexandra Debaisieux, directrice générale déléguée de RailCoop. "Ces rames coûtent 11 millions d'euros et il nous en faut 6, nous sommes en négociation avec les loueurs", a-t-elle ajoutée. 

RailCoop pourrait se positionner face à Transdev, mais aussi la Deutsche Bahn qui a des ambitions sur le réseau français. En attendant, grâce à une levée de 1,5 million d'euros, elle est convaincue d'obtenir en avril prochain une licence ferroviaire et un certificat de sécurité afin de faire circuler des trains de passagers dès l'été 2022 et de marchandises dès le printemps 2021.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco