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Un salarié gagne en moyenne 2.474 euros brut  

Le salaire moyen par tête (SMPT) a continué à augmenter (+1,5%, 2.474 euros mensuels) plus rapidement que les prix à la consommation.

Le salaire moyen par tête (SMPT) a continué à augmenter (+1,5%, 2.474 euros mensuels) plus rapidement que les prix à la consommation. - Gaizka Iroz - AFP

Les salariés ont bénéficié d'un gain de pouvoir d'achat de 1,1% en 2014, grâce à une augmentation plus rapide des salaires par rapport aux prix à la consommation.

Une stabilisation en 2014. L'emploi du secteur privé a enregistré 6.000 suppressions nettes de postes (-0,0%) sur l'année, un chiffre qui cache de fortes disparités entre les régions, selon des données publiées vendredi par l'Acoss. Les 1,5 million d'entreprises privées implantées en France employaient en moyenne l'année dernière 17,8 millions de personnes, soit autant qu'en 2013, année où l'emploi s'était dégradé de 0,6%, selon l'organisme collecteur des cotisations de Sécurité sociale.

Le salaire moyen par tête (SMPT), lui, a continué à augmenter (+1,5%, 2.474 euros mensuels) plus rapidement que les prix à la consommation (+0,4%), permettant un gain de pouvoir d'achat de +1,1% pour les salariés. Quant à la masse salariale, elle a gonflé de 1,5% à 528 milliards d'euros.

Hausse de l'emploi intérimaire après deux ans de baisse

Principal point positif, l'emploi intérimaire est reparti à la hausse en 2014, après deux ans de forte baisse. En 2014, l'Acoss a enregistré 15.000 créations nettes de postes (+2,6%) dans ce secteur réputé précurseur des évolutions de l'emploi.

Mais c'est le secteur tertiaire (hors intérim) qui a créé le plus d'emplois en 2014: +47.000 (+0,4%), notamment dans l'informatique et l'action sociale. Le tertiaire représente 70% des emplois du secteur privé.

En revanche, "l'emploi national est tiré à la baisse par l'industrie et la construction", deux secteurs sinistrés qui ont respectivement détruit 40.000 (-1,3%) et 28.000 (-1,9%) postes. L'Acoss relève notamment un "fort recul de l'emploi dans le secteur de l'industrie automobile", qui perd à elle seule 11.500 postes (-5,2%).

Fortes disparités entre les régions

La situation n'est toutefois pas homogène sur tout le territoire. L'emploi est reparti fortement dans les départements d'Outre-mer (DOM): +2,0% en Guyane et à La Réunion, +1,5% à la Martinique, +0,2% en Guadeloupe. C'est aussi à La Réunion et en Guadeloupe que le salaire moyen par tête a le plus augmenté (+2,4%). Outre-mer mis à part, l'Ile-de-France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et l'Aquitaine sont "les régions les plus dynamiques". La région capitale a créé le plus de postes: +13.700, +0,3%. C'est aussi la seule région métropolitaine où la construction est créatrice d'emploi.

Hormis Paris, l'emploi reste déprimé dans la moitié nord de la France, où onze régions sur treize perdent des emplois. Trois régions y sont particulièrement sinistrées: la Lorraine (-1,2%), la Franche-Comté (-1,2%) et la Champagne-Ardenne (-1,0%). Dans la moitié sud, au contraire, seulement trois régions sur neuf ont détruit des emplois.

Situation aussi très contrastée selon la taille des entreprises

La situation est aussi très contrastée selon la taille des entreprises: les TPE (moins de 10 salariés) ont détruit 77.000 emplois, les entreprises de 10 salariés ou plus en ont créé 71.000.

Le gouvernement a lancé en juin un plan pour doper l'emploi dans les petites et moyennes entreprises. Principale mesure: une aide de 4.000 euros pour les entreprises sans aucun salarié qui effectuent leur première embauche.

Les chiffres de l'Acoss sont très différents de ceux de l'emploi marchand publiés en mars par l'Insee, qui recensait 74.000 destructions nettes de postes (-0,5%) en 2014. Les deux indicateurs n'englobent pas exactement les mêmes champs: celui de l'Insee prend en compte l'emploi à domicile, celui de l'Acoss non. L'écart s'explique aussi par des différences de méthodologie, et par le fait que les deux organismes n'utilisent pas la même source pour l'emploi intérimaire.

V.R. avec AFP