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Thierry Breton estime que l'Europe perdra "entre 5 et 6%" de PIB si le confinement dure deux mois

Thierry Breton

Thierry Breton - AFP

Dans un entretien accordé au Parisien, le commissaire européen en charge du Marché intérieur fait le point sur les conséquences économiques de la crise du coronavirus. Et prépare l'après-confinement en appelant les Etats membres à mettre en place des plans de relance industrielle massifs.

Les conséquences économiques de la crise sanitaire du coronavirus seront "très sévères" pour l’Europe prévient Thierry Breton dans Le Parisien ce dimanche. Selon le commissaire en charge du Marché intérieur, un mois de confinement fera perdre "entre 2,5 et 3% de PIB et entre 5 et 6% avec deux mois de confinement".

Suspension de la règle des 3% de déficit, plan de 750 milliards d’euros de la BCE… Au-delà des mesures de soutien aux économies européennes, Thierry Breton appelle chaque Etat membre "à proposer des plans de relance industrielle de l’ordre de 10% de leur PNB". "Au total, ça pourrait atteindre 1600 milliards d’euros", indique-t-il.

Et de se prononcer une nouvelle fois en faveur de la création d’un "fonds européen de relance qui émette des obligations à long terme offrant un financement accessible à tous" afin qu'aucun pays ne soit "laissé au bord de la route". 

"Trop de médicaments sont fabriqués hors d'Europe"

"Il y aura un avant et un après, c’est évident", assure encore le commissaire européen. Néanmoins, "il est hors de question de remettre en cause nos accords de libre-échange, parce que c’est dans ce monde que nous vivons et que c’est aussi grâce à ces échanges que nous surmonterons cette crise", affirme-t-il.

En matière de concurrence, "cette crise ne signifie pas la fin des règles", poursuit Thierry Breton. Pour autant, "ces règles doivent en effet être revisitées car le monde a changé". 

Enfin, il appelle à davantage de souveraineté européenne car "la pandémie démontre aussi que trop de médicaments sont fabriqués hors d’Europe et je sens enfin une volonté de relocaliser ces productions sensibles au plus près des Européens". Il dit toutefois ne pas penser "qu’il faille faire de la santé une compétence exclusivement européenne". "La santé reste de la souveraineté des Etats", conclut-il.

Paul Louis