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Télétravail: le patronat "plus ouvert" à une négociation

Patronats et syndicats négocient un accord national interprofessionnel (ANI) sur le télétravail.

Patronats et syndicats négocient un accord national interprofessionnel (ANI) sur le télétravail. - StockSnap

A la demande du Medef, les partenaires sociaux se concertent depuis le mois de juin pour établir un "diagnostic partagé" sur le télétravail.

Le patronat s'est montré mercredi "plus souple" et "plus ouvert" à la négociation d'un accord national interprofessionnel (ANI) sur le télétravail, ont indiqué des négociateurs à l'AFP, côté patronat et syndicats, à l'issue d'une réunion. Depuis le 5 juin, les partenaires sociaux se concertent pour établir un "diagnostic partagé" sur le télétravail, à la demande du Medef, invité depuis le printemps par les syndicats à ouvrir une négociation, le confinement ayant poussé des millions de salariés à travailler à domicile.

La rencontre de mercredi, avant-dernière réunion avant celle du 11 septembre, portait sur "l'architecture" de ce document, a indiqué le Medef, qui a convié en vidéoconférence la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, la CPME et l'U2P. L'organisation patronale a présenté un projet de plan du document à venir, qui a "fait consensus", selon le Medef. Le Medef n'a présenté mercredi que les grands chapitres de ce projet: les enjeux sociaux, économiques et environnementaux au niveau macroéconomique; sur l'organisation du travail; sur le management et les ressources humaines, ont indiqué les négociateurs.

Ce document sera un "rapport bref et circonstancié qui fera le point sur le télétravail en général et en situation de crise", a résumé Eric Chevée (CPME). Le 5 juin, le Medef avait déclaré que cette "synthèse" des travaux devait permettre d'aider les entreprises à négocier le télétravail et le mettre en place. Interrogé mercredi par l'AFP, le Medef n'a pas souhaité se prononcer sur le lancement d'un ANI à l'issue de la réunion du 11 septembre. Mais les autres organisations patronales et les syndicats ont noté une "ouverture" de sa part.

"On s'interroge sur quoi négocier"

"Le Medef est sur un positionnement qui a semblé plus ouvert. Il a dit qu'il pourrait y avoir potentiellement de nouvelles dates de réunion", a témoigné Béatrice Clicq (Force ouvrière). Catherine Pinchaut (CFDT) a aussi perçu une position du Medef "plus souple", quand la CPME était "encore plus ouverte et plus optimiste". L'U2P (artisans, petits commerces) "reste à convaincre". "La CPME a dit 'c'est trop tôt pour le dire, mais pourquoi pas'", a de son côté indiqué Jérôme Vivenza (CGT). "On n'a pas fermé la porte à une négociation. On s'interroge sur quoi négocier. Il n'y a pas besoin de modifier la législation actuelle et on veut maintenir la souplesse de l'entreprise", a expliqué Eric Chevée (CPME).

L'unique ANI sur le télétravail a été signé en 2005. Avec un nouvel accord, les syndicats souhaitent sécuriser la notion de volontariat, interdire une généralisation du télétravail sur une semaine travaillée, garantir la prise en charge par l'employeur des frais liés au télétravail, encadrer la déconnexion et la charge de travail, distinguer le télétravail exercé en temps de crise et le télétravail classique.

J. B. avec AFP