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Société générale veut fusionner son réseau avec celui de sa filiale Crédit du Nord

Société Générale

Société Générale - JEAN AYISSI / AFP

Selon les informations du Figaro, SocGen cherche à réduire drastiquement ses coûts alors que les derniers résultats trimestriels ont été particulièrement difficiles.

Les grandes manœuvres se poursuivent chez Société Générale. Confirmant des informations du Figaro, le groupe bancaire a annoncé ce mercredi un rapprochement avec sa filiale Crédit du Nord, spécialiste du financement des PME. Concrètement, cela passera par une fusion des réseaux pour faire la chasse aux coûts et ainsi créer "une nouvelle banque de détail en France".

"Unir les forces des deux réseaux ferait du nouvel ensemble un acteur majeur du marché bancaire français avec 10 millions de clients" explique la banque dans un communiqué.

Jusqu'à présent, le groupe avait organisé son activité de détail en France sur trois réseaux, profitant chacun d'un large niveau d'autonomie : le réseau Société Générale, celui du Crédit du Nord et la banque en ligne Boursorama.

Lourdes pertes

Concernant les éventuelles conséquences sociales de ce rapprochement, le groupe ne donne pour l'heure aucun détail: "c'est totalement prématuré. Nous n'en sommes qu'à l'étude, qui va prendre au moins deux mois", a affirmé à l'AFP Sébastien Proto, directeur général adjoint en charge des réseaux bancaires en France.

Pour SocGen, il s'agit avant tout de calmer l'hémorragie: le groupe a affiché une perte nette trimestrielle d'1,26 milliard d'euros au deuxième trimestre de l'année, évidemment marqué par la crise et le confinement. Au début du mois d'août, le groupe a d'ailleurs décidé d'une nouvelle organisation, rajeunie, à sa tête, toujours autour du directeur général Frédéric Oudéa, pour donner un nouveau souffle à la gouvernance.

Calmer les marchés

Autre projet majeur, la vente de sa filiale de gestion d'actifs Lyxor, valorisée à un milliard d'euros. En début de semaine, Reuters assurait que la vente était prévue pour la fin de l'année. Autant de mouvement censés rassurer les marchés alors que le titre de la Société Générale a perdu 60% de sa valeur depuis le début de l'année.

En janvier dernier, Frédéric Oudéa assurait au Financial Times que son groupe pouvait envisager un mariage de raison dans un contexte pré-covid déjà difficile pour les banques. "Si cette consolidation (…) se produit, vous aurez très peu de combinaisons. N'imaginez pas une avalanche de transactions, mais la Société Générale devrait en faire partie" expliquait-il. Un rapprochement avec l'italien UniCredit est régulièrement évoqué.

Par Thomas Leroy avec AFP