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Qui sont les 1% des Français les plus riches?

Dans une étude parue ce mardi, l'Insee dévoile le profil des 1% des ménages les plus riches. Ces derniers vivent essentiellement en Ile-de-France et dans les départements frontaliers. Tandis que leurs ressources se composent davantage de revenus issus d'activités non salariées.

Il font partie des "premiers de cordée" si souvent mis en avant par Emmanuel Macron. Dans une étude publiée ce mardi, l’Insee dresse le portrait-robot des 1% des Français les plus aisés.

Cette frange de la population se caractérise par un revenu annuel par unité de consommation supérieur à 108.670 euros (avant imposition), soit au moins 9060 euros par mois pour une personne seule et 19.020 euros pour un couple avec deux enfants. Pour faire partie des "super-riches" (les 0,1% qui gagnent le mieux leur vie), il faut que ses revenus soient supérieurs à 268.350 euros par an. Ce qui équivaut à 22.360 euros par mois pour une personne seule et 46.960 euros pour un couple avec deux enfants. 

Où vivent les ménages les plus riches? 

Plus de quatre personnes aisées sur dix (43%) vivent en Ile-de-France (dont 20% habitent à Paris et 10% dans les Hauts-de-Seine). Ce taux grimpe même à 54% pour les 0,1% les plus riches. Rien d’étonnant sachant que la région francilienne est la plus dynamique du territoire. Les cadres y représentent 30% de l’emploi total, contre 18% au niveau national. 

Hormis l’Ile-de-France, les Français les plus riches sont aussi présents dans les départements frontaliers, notamment avec la Suisse. 2% d'entre eux habitent en Haute-Savoie, contre 1,3% dans l'Ain et 1,2% dans le Haut-Rhin. La proportion de ménages aisés atteint également 1,3% dans la métropole de Lyon ou dans les Alpes-Maritimes, "département cumulant les aspects frontaliers (Monaco et Italie) et littoraux (Côte-d’Azur)", rappelle l’institut de la statistique. Au total, 86% des ménages à hauts revenus sont propriétaires de leur logement, contre 59% parmi l'ensemble des ménages.

Quels types de revenus? 

Comme pour la majorité des Français, près de la moitié des 1% les plus riches (47,4%) tire essentiellement ses revenus des activités salariées. Ils sont néanmoins plus nombreux à percevoir des revenus issus principalement d’activités non salariées. C'est le cas de 20% des ménages aisés contre 3% pour le reste de la population. De la même manière, les revenus du patrimoine constituent la principale source de revenu pour 22% des ménages aisés, contre 5% pour l'ensemble des ménages. 

"Cette proportion est particulièrement importante en Corse et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (30 %). D'un territoire à l'autre, les ménages à très haut revenu n'ont pas le même profil ni les mêmes niveaux de revenu. Les très hauts revenus habitant dans les territoires les plus denses, qui correspondent aux grands pôles d'emploi, détiennent davantage de revenus d'activités salariées, tandis que ceux présents dans des territoires moins denses tirent davantage leurs ressources d'activités non salariées ou de leur patrimoine", expliquent les auteurs de l'étude. 

Les ménages à hauts revenus résidant dans les communes densément peuplées sont en outre plus riches (192.800 euros par an en moyenne par unité de consommation) que ceux présents dans les communes peu denses (168.190 euros par an).

Des couples sans enfants et des ménages âgés

La moitié des ménages les plus riches se compose d'une personne de plus de 60 ans, contre quatre sur dix pour l’ensemble des ménages. Et 37% des ménages aisés sont des couples sans enfant, contre 24% dans le reste de la population. 

Si les femmes seules représentent un ménage sur cinq en France, elles n’en composent plus qu'un sur dix parmi les hauts revenus. La part des hommes vivant seuls est en revanche identique dans l’ensemble de la population et dans les 1% des Français les plus riches. Par ailleurs, les familles monoparentales sont peu représentées dans cette catégorie (4%, contre 11% dans l'ensemble des ménages). 

Quel niveau d'impôts?

En moyenne, les ménages les plus riches reversent 30% de leur revenu sous forme d’impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, CSG et CRDS, prélèvements sur les revenus déclarés des valeurs mobilières, hors taxe foncière et impôt sur la fortune). Ce taux grimpe à 35% pour les 0,1% les plus riches, contre 15% dans l’ensemble de la population. 

La proportion de revenus reversés en impôts est plus élevée en Ile-de-France, en Provence-Alpes-Côté d’Azur et en Corse qu’en Auvergne-Rhône-Alpes et à la Réunion ou elle atteint 27%. "Cette plus faible proportion peut s'expliquer en Auvergne-Rhône-Alpes par l'importance de revenus perçus et imposés en Suisse, et à la Réunion par des revenus moins élevés", estime l'Insee.

Paul Louis