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PSA teste le télétravail généralisé à la rentrée

Le groupe automobile veut faire du travail à distance la norme. Un premier test grandeur nature débutera à la rentrée, notamment au siège de PSA à Poissy (Yvelines).

PSA testera dès septembre la généralisation du télétravail. 40.000 salariés sur les 200.000 que compte le groupe dans le monde passeront ainsi 70% du temps en travail à distance et 30% du temps sur site. En France, 18.000 collaborateurs sont concernés par cette phase d’expérimentation qui doit durer deux mois. Concrètement, les salariés concernés dans le tertiaire, les fonctions support ou encore l’ingénierie passeront en moyenne une journée et demie par semaine sur site, le reste de leur temps de travail se fera à distance.

Huit sites tests, une généralisation progressive

Si le déploiement du test sera progressivement généralisé, huit sites dans le monde serviront de sites pilotes, plus spécialement observés: en France, il s’agit des sites de Poissy (Yvelines) hors usine de production, Vélizy (Yvelines) où se trouve le centre de R&D du groupe, Sochaux (Doubs) et Carrière-sous-Poissy (Yvelines). Les sites de Sao Paulo au Brésil, Moscou en Russie, Coventry en Grande-Bretagne et Casablanca au Maroc vont aussi partie de ces sites observés en priorité.

Observer l’implémentation du télétravail dans ces sites qui regroupent différentes catégories de salariés permettra d’ajuster sa mise en place, aussi bien en termes d’outils techniques que d’organisation au quotidien. La direction des ressources humaines a en effet appelé à "de la souplesse" dans sa mise en place.

Cette réflexion sur le travail à distance comme nouvelle norme en entreprise était en gestation depuis le début de l’année, dans le cadre de l’accord Motivation et bien-être au travail signé en janvier avec quatre organisations syndicales. La crise du covid-19 a démontré que le fonctionnement de l’entreprise au global sous cette forme d’organisation était possible, en dehors des sites de production.

Le développement de cette nouvelle organisation se superpose actuellement avec le maintien d’un certain nombre de règles pour protéger les salariés dans le cadre de la crise sanitaire. "Nous sommes toujours dans une période de risques sanitaires et le télétravail est aussi une solution pour assurer la distanciation sociale", rappelle un porte-parole du groupe.

Plusieurs phases vont donc se succéder. Après la phase actuelle de "retour progressif sur site pour ceux qui en ont besoin, dans le respect des règles sanitaires", est donc prévue cette "seconde phase en septembre et en octobre d'implémentation mondiale, avec des spécificités et dans une logique d'ajustements", a déclaré jeudi à l'AFP Xavier Chéreau, directeur des ressources humaines du groupe. Une troisième phase pourrait alors suivre en fin d’année, avec une généralisation d’année.

Une ligne rouge pour les syndicats: le volontariat

Des discussions sont toujours en cours en France avec les organisations syndicales sur les modalités de la mise en place de cette généralisation. Ce jeudi avait lieu une quatrième réunion entre les organisations syndicales et la direction sur ce sujet.

"Pour la CFE-CGC, il ne doit pas y avoir d’objectif imposé lors de cette phase test", précise le syndicat dans un communiqué.

La CFTC (4e syndicat chez PSA) réclame soit un avenant à l'accord sur le "bien-être au travail" conclu en janvier, soit un nouvel accord, tous deux plus engageants qu'une charte, précise de son côté l’AFP.

Six groupes de travail ont par ailleurs été formés en interne pour étudier la mise en place concrète du télétravail à grande échelle avec les salariés. Les syndicats s’accordent sur une ligne rouge: le télétravail doit rester de l’ordre du volontariat.

"Nous ne sommes pas du tout égaux devant le télétravail, explique à BFMTV Hervé Hottois élu CSE CFDT, représentant du personnel à Vélizy. Pour certains, télétravailler cinq jours par semane ne pose aucun problème car ils ont une vie familiale, une pièce dédiée tout va bien. D’autres sont seuls chez eux, célibataires, qui ont l’occasion de venir sur le lieu de travail pour rencontrer des collègues".

Des salariés divisés sur la question

Les premiers concernés, les salariés, semblent partager sur ce recours massif au travail à distance. Dans une enquête interne mise en avant par la direction, "79% sont favorables au travail à distance de manière générale" et "76% jugent leur activité compatible avec le télétravail à hauteur de 3,5 jours/semaine".

"C’est énorme, il faut quand même de la présence sur site pour les réunions d’équipe, pour le lien social. Des taches sont plus faciles à réaliser sur place", explique Maryne au micro de BFMTV, une salariée du centre technique de Vélizy (Yvelines).
"Tout simplement, tu n’es pas motivé, ajoute Anass, lui aussi salarié de PSA à Vélizy. Lorsque tu es avec l’équipe, vous vous voyez tous, tu fais des points ensemble, vous mangez ensemble, cela donne l’envie d’être motivé. Une journée ou deux par semaine de télétravail, en revanche, c’est pas mal".
Pauline Ducamp
https://twitter.com/PaulineDucamp Pauline Ducamp Cheffe de service BFM Auto