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Protestant contre une "prime Covid" insuffisante, les salariés des laboratoires Biofusion se mettent en grève

Test PCR (image d'illustration)

Test PCR (image d'illustration) - AFP

Les portes des laboratoires Biofusion du Tarn-et-Garonne, de Haute-Garonne et du Lot sont restées fermées mardi en raison d'une grève du personnel.

Les 20 laboratoires Biofusion du Tarn-et-Garonne, de Haute-Garonne et du Lot étaient fermés mardi en raison d'une grève des salariés qui protestent notamment contre une "prime Covid" jugée insuffisante, a appris l'AFP auprès de la direction et des syndicats. Il s'agit d'un des premiers mouvements de grève dans des laboratoires de biologie médicale depuis la multiplication des tests virologiques (PCR) en France, dont le nombre dépasse désormais le million par semaine. Cet objectif est synonyme de travail à la chaîne pour les laboratoires dont les personnels fatiguent.

Une prime Covid jugée dérisoire par les salariés

Mardi matin, quelques 70 salariés de Biofusion, entreprise membre du groupe Inovie, se sont rassemblés devant un site à Montauban, a constaté un correspondant de l'AFP. "En raison d'un mouvement de grève du personnel, TOUS les laboratoires Biofusion seront fermés au public mardi 15 septembre", indique la direction dans un communiqué publié sur son site. "Nous ne pourrons pas assurer la prise en charge de votre bilan. Nous ne pourrons pas assurer les dépistages Covid-19, sur tous les sites et tous les drives", sauf un "qui fonctionnera sous réquisition de la préfecture", selon elle.

La déléguée syndicale CFDT, Catherine Bellenque a expliqué à la presse que tout était "parti de la petite prime reçue comme prime Covid", c'est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase".

"Cette prime est dérisoire comparée à l'investissement du personnel qu'ils soient coursiers, secrétaires, techniciens, infirmières, selon elle. On souhaite particulièrement que la prime Covid soit revalorisée parce que nous sommes, nous aussi, en première ligne".

"On a demandé une augmentation de 10% de nos salaires ainsi qu'une amélioration de la qualité de vie au travail parce que nous avons des effectifs qui sont toujours limite. On travaille en surcharge pratiquement tout le temps, même hors période Covid", a-t-elle ajouté.

"Notre plateau technique est capable de faire 1.500 tests par jour et nous sommes à 5.000. D'où le retard et l'agressivité des patients qui s'inquiètent de ne pas avoir leurs résultats en temps et en heure. Cela crée du stress chez ses personnes qu'ils nous renvoient en direct. Pour toutes les secrétaires ou techniciens, c'est lourd à porter et très stressant". "Il y a vraiment une peur de l'agression physique même si pour l'instant elle reste verbale. Les coups de téléphone ont été multipliés par 10. Les gens s'inquiètent, demandent à recevoir leurs résultats. On n'en peut plus", a insisté la déléguée syndicale.

Un risque "d'explosion sociale"

Les départements de Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne sont classés en "zone rouge" de circulation active du Covid-19. Selon le dernier point de l'Agence régionale de santé (ARS), il y avait dans l'ensemble de l'Occitanie vendredi 11 septembre 217 hospitalisations, dont 43 en réanimation avec un bilan total des décès depuis le début de la pandémie de coronavirus s'élevant à 543 dans les établissements de santé.

Début septembre, François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDB), avait alerté sur un risque d'"explosion sociale, si les personnels de laboratoires privés décidaient de se mettre en grève", rappelant qu'ils n'avaient rien obtenu lors des accords du Ségur de la santé.

Le 7 septembre, une cinquantaine de personnes s'étaient rassemblées devant le siège sarthois des laboratoires Laborizon au Mans, dans le cadre d'un appel à la grève pour dénoncer les conditions de travail des salariés qui s'estiment en première ligne sur les tests Covid.

J. B. avec AFP