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Pour sauver Disney, il faut suspendre définitivement les dividendes plaide un investisseur

Disney va lancer en novembre son service de streaming Disney +

Disney va lancer en novembre son service de streaming Disney + - Robyn Beck / AFP

Le patron du fonds d'investissement américain Third Point voudrait que les 3 milliards de dollars annuels de dividendes soient affectés au streaming pour transformer le groupe.

En plein marasme à cause du covid, le géant Disney a déjà annoncé la suppression de 28.000 emplois aux Etats-Unis et a vu ses revenus divisés par deux lors des six premiers mois de l'année. Mais pour sauver le groupe, il faut radicalement le transformer en achevant sa mue numérique.

C'est en tout cas l'avis de l'investisseur activiste Dan Loeb qui ne voit qu'un seul moyen pour y parvenir: supprimer définitivement le versement des dividendes du groupe.

Ce capital - 3 milliards de dollars annuels - devrait être "entièrement redirigé vers la production et l'acquisition de contenus pour les services de distribution directes au consommateur", déclare le patron du fonds d'investissement américain Third Point dans une lettre adressée au patron de Disney Bob Chapek.

Selon lui, cette stratégie "audacieuse" permettrait à Disney de creuser le fossé avec les autres groupes de médias américains (comme AT&T ou ViacomCBS), qui n'ont pas les mêmes moyens financiers, "au-delà du modèle des cinémas et des chaînes cablées et aux côtés d'entreprises d'abord numériques comme Netflix et Amazon".

Doubler le budget contenus

Les services de streaming du groupe (Disney+, ESPN+ et Hulu) comptent déjà plus de 100 millions d'abonnés, dont 60 millions pour Disney+, l'objectif minimal que c'était fixé le groupe... d'ici 5 ans.

"C'est un début louable, mais très loin de leur potentiel", assure Dan Loeb. "Il y a 1,1 milliard de foyers qui ont l'internet à haut débit dans le monde et 4 milliards d'abonnés à des forfaits mobiles. Cela représente au moins 1 milliard de fans de Disney".

L'investisseur encourage la société californienne à doubler le budget de contenus de Disney+, et mentionne le succès du film Hamilton, qui "selon les analystes a ramené 2 millions d'abonnées" à la plateforme, alors qu'il n'a coûté "que 75 millions en droits".

Il revient aussi sur la sortie chaotique de Mulan début septembre, un film facturé 30 dollars en plus de l'abonnement : c'est une "leçon importante", qui montre que l'approche du "buffet à volonté" est la meilleure manière "d'accélérer la croissance de la base d'abonnés".

Quant à la possible opposition de ceux qui perçoivent les dividendes, "les entreprises ont les actionnaires qu'elles méritent", balaie Dan Loeb, citant l'homme d'affaires américains Warren Buffet.

D'avril à juin 2020, Disney a récolté 11,8 milliards de dollars de recettes, moitié moins qu'il y a un an. Seule sa branche de streaming a réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 2019.

OC avec AFP