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Pour faire face à la crise, les hôtels transforment leurs chambres en espace de coworking

Pour compenser la chute de la clientèle, les hôteliers louent leurs chambres vides à l’attention des personnes qui souhaitent disposer d’espaces tranquilles et confortables pour travailler. Des grands groupes comme les hôteliers indépendants s'y sont mis.

Plus de touristes, plus de voyageurs d’affaires, plus de séminaires, avec la crise sanitaire les hôteliers ont vu leurs revenus chuter. Pour occuper leurs chambres et leurs espaces de réception désertés, ils ont lancé des formules de location à l’attention des télétravailleurs qui souhaitent disposer d’espaces confortables propices à la concentration et avec une connexion haut débit. Les grands groupes comme les indépendants s’y sont mis.

AccorHotels a lancé ses premières offres dès le mois d’août au Royaume-Uni en accueillant les télétravailleurs de 9 heures à 18 heures dans 250 établissements. L’offre est désormais déployée en France et en Europe, mais le groupe estime qu'il est trop tôt pour donner le nombre d'hôtels concernés. Les tarifs varient de 35 euros (pour les hôtels éco) à 160 euros (pour les hôtels de luxe/prémium) pour une durée de 9 heures consécutives.

Les clients "peuvent profiter de toutes les commodités et du confort des chambres, y compris du room service, ainsi que des parties communes, des bars et des restaurants de l'hôtel. En outre, ces offres permettent aux clients de cumuler des points sur le programme de fidélité", explique à BFM Business le service communication du groupe Accor

Les hôtels indépendants ont aussi leur formule

Le groupe Best Western Hotels & Resorts a lancé une marque dédiée à son nouveau service de coworking, baptisé Mywo. Trois formulées sont proposées aux travailleurs nomades : myWO Lib’ offre un accès libre au lobby pour peu que l’on consomme une boisson, myWO Lounge offre un espace calme et isolé sur réservation et facturé 5 euros par demi-journée. Enfin, myWO Meeting s’adresse à ceux qui souhaitent organiser des réunions grâce aux salons dédiés et équipés pour organiser.

L’offre est en place depuis la rentrée dans 14 établissements à travers la France dont Paris, Lyon, Strasbourg ou encore Lille.

Les établissements indépendants s’y mettent aussi, comme l’hôtel Arvor, un quatre étoiles situé dans le IX e arrondissement de Paris. Il ouvre ses chambres aux télétravailleurs, et leur propose thé et café à disposition, ainsi que la possibilité d’imprimer leurs documents et de se faire livrer des plateaux repas le midi. La location d’une chambre à la journée est de 49,50 euros et la suite 60,54 euros. Les espaces pour les réunions se privatisent à l’heure, facturée 15 euros.

"On a lancé cette offre tout de suite après le confinement, le 14 mai", explique à l’AFP le directeur de cet hôtel, David Grenet. Pendant le confinement, plusieurs salariés de l'hôtel travaillaient confinés à Paris, se souvient-il. "Avec du bruit, les enfants qui nous interrompaient, on avait pas forcément d'endroits calmes pour se poser. On s'est dit qu'il y avait un créneau, qu'on pouvait offrir un espace de télétravail".

L'hôtelier estime avoir gagné environ 2500 euros avec ces offres diurnes ouvertes aux télétravailleurs.

Le célèbre hôtel Barrière Le Normandy a également rejoint cette tendance en proposant "l'escapade télétravail", qui est est conçue comme un prolongement du séjour à partir de 345 euros la nuit. L’établissement met à disposition une pièce aménagée pour le travail durant la journée, avec bureau, calepin et encas gourmand.

"Au lieu de rentrer un dimanche et d'avoir les bouchons, ça permet de rester le lundi et de travailler ici, de profiter un peu plus de cet environnement", vante Cyril Casabo, directeur de deux établissements du groupe à Deauville à l’AFP.

Il a déjà vendu 70 nuitées depuis début juillet: "c'est déjà très bien, c'est qu'il y avait une vraie attente".

Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco