BFM Eco

Plan de relance de l'UE: Angela Merkel sceptique sur la conclusion d'un accord vendredi

La chancelière allemande Angela Merkel s'adresse au Bundestag, le 1er juillet 2020

La chancelière allemande Angela Merkel s'adresse au Bundestag, le 1er juillet 2020 - John MACDOUGALL © 2019 AFP

Evoquant le plan de relance de l'UE à hauteur de 750 milliards d'euros, la chancelière allemande a dit ne pas savoir si un accord pourra être conclu à l'occasion du prochain sommet européen.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite lundi incertaine que les dirigeants des 27 pays de l'UE parviennent à un accord sur un plan de relance de 750 milliards d'euros proposé pour faire face à la pandémie de coronavirus.

"Je ne sais pas si nous parviendrons à un accord" lors du sommet européen de vendredi et samedi, a-t-elle averti au cours d'une conférence de presse avec le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, à Meseberg, près de Berlin. "Rien n'est encore sûr. Les chemins que nous avons à parcourir sont encore éloignés", a-t-elle ajouté. "Je ne peux pas dire si nous trouverons un accord dès vendredi mais ce serait bien pour l'Europe".

La dirigeante conservatrice, qui a salué "la discipline et la patience admirables" des Italiens durement frappés par la pandémie, a insisté sur la nécessité d'une réponse forte à cette crise qui frappe violemment les économies européennes. "Parce que la tâche est immense, la réponse doit elle aussi être importante", a-t-elle ajouté. Elle a refusé toute idée de réduction de ce plan de relance, insistant au contraire sur le fait qu'il devait "être massif".

Sommet sous tension

Le sommet européen doit montrer que l'"Europe souhaite être solidaire. Cela a une dimension politique au delà des chiffres", selon elle. De son côté, Guiseppe Conte a souligné la nécessité pour les Européens d'"agir vite". "Nous devons agir vite car l'Histoire nous enseigne que la meilleure des réactions ne vaut pas grand chose si elle intervient trop lentement", a-t-il ajouté.

Le sommet européen extraordinaire s'annonce tendu en raison notamment des réticences des Etats "frugaux" face au plan de relance, composé de 250 milliards de prêts, et surtout de subventions à hauteur de 500 milliards, qui n'auront pas à être remboursées par les Etats bénéficiaires. L'Autriche, les Pays-Bas, la Suède et la Finlande notamment se montrent très méfiants à l'égard de ce plan qui profitera surtout aux pays du Sud, Italie et Espagne en tête, les plus touchés par les conséquences socio-économiques dévastatrices de la pandémie.

P.L avec AFP