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Valls ne fera pas de vrai geste fiscal pour les classes moyennes en 2015

Manuel Valls a renoncé à des baisses d'impôts pour les cadres

Manuel Valls a renoncé à des baisses d'impôts pour les cadres - AFP

Faute de marges budgétaires suffisantes, le Premier ministre ne devrait pas annoncer, mardi lors de son discours précédant le vote de confiance, de baisses d'impôts en 2015 pour les classes moyennes. Seuls les ménages modestes bénéficieront l'an prochain de 3 milliards d'euros d'allégements.

Inutile de rêver. Les impôts ne baisseront pas en 2015 pour les classes moyennes, contexte budgétaire oblige. Manuel Valls devrait le concéder mardi 16 septembre, à l'occasion de son discours à l'Assemblée avant le vote de confiance. 

Lors de son intervention du 14 juillet, François Hollande avait d'ailleurs clairement douché les espoirs de ceux qui attendaient un vrai geste en faveur des classes moyennes. Tout est évidemment dans la définition que l'on donne de ces fameuses classes moyennes. Mais une chose est acquise: les cadres et les catégories supérieures ne bénéficieront pas d'une baisse d'impôt. 

"Décision négative du Conseil constitutionnel"

Des baisses, il y en aura bien l'an prochain, mais seulement pour les ménages modestes, tout comme cette année avec la ristourne de 350 euros concernant 4,2 millions de contribuables. De quoi finalement satisfaire les "frondeurs" du PS. 

Ce geste fiscal, d'un coût de 1,3 milliard d'euros en 2014 ( financé par la régularisation de la situation des exilés fiscaux) sera bien pérennisé sous la forme d'un aménagement du bas du barème de l'impôt sur le revenu. Cet aménagement, sur lequel travaille Bercy depuis mi-août, devra également permettre de compenser "la décision négative du Conseil constitutionnel" comme l'a rappelé Manuel Valls dans le JDD de ce 14 septembre.

Le 6 août, les sages avaient, en effet, amputé le Pacte de responsabilité de son volet social en censurant l'allégement des cotisations sociales salariales. Il s'agissait d'une baisse dégressive des charges pour les salariés touchant les salariés entre 1 et 1,3 Smic à compter du 1er janvier 2015. La mesure devait profiter à 5,2 millions de salariés plus 2,2 millions de fonctionnaires. La mesure aurait dû coûter en net 2 milliards d'euros au budget en 2015.

3,3 milliards à redistribuer

Au total donc, le gouvernement devrait affecter l'an prochain environ 3,3 milliards ( 1,3 milliard plus 2 milliards) à la baisse de l'IR pour les contribuables situés dans le bas du barème. Mais pour les autres, il faudra attendre au minimum 2016. Il n'y assez pas d'argent pour eux en 2015. Les fiscalistes estiment, en effet, qu'il faut au moins 5 milliards d'euros par an si l'on veut faire un début de vraie réforme de l'impôt sur le revenu... Impossible actuellement. 

Geste pour les petits retraités

D'autant que le gouvernement va mettre la main à la poche pour financer un geste en direction des retraités les plus modestes. C'est ce qu'annonce Manuel Valls dans le JDD : "le gouvernement tend compenser l'effet négatif de l'inflation sur les petites retraites". Ce midi sur Radio J, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, l'a confirmé. 

Vendredi, l'exécutif annonçait pourtant que les pensions inférieures à 1.200 euros par mois ne seraient finalement pas revalorisées au 1er octobre alors que Manuel Valls avait annoncé le contraire en avril. La raison: une faible inflation de 0,5% attendue en 2015 qui, légalement, n'oblige plus les pouvoirs publics à revaloriser les pensions. 

Mais finalement, les bénéficiaires du minimum vieillesse, soit 572.000 personnes sur les 8 millions touchant moins de 1.200 euros par mois, devraient profiter de ce coup de pouce politique, dont on ne connaît pas pour l'instant le coût. 

Patrick Coquidé