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Olivier Gantois (UFIP): "La France peut se passer du pétrole russe, pas l'Europe"

Sur BFM Business, le patron de l'Union Francaise des Industries Petrolières estime que la France est un des pays les mieux placés pour se fournir ailleurs.

Peut-on se passer du pétrole russe? Si les Etats-Unis ont décrété ce mardi un embargo sur les hydrocarbures russes, l'Europe ne semble pas en mesure de lui emboîter le pas. Une mesure que certains pays comme la France pourraient néanmoins assumer.

Ce qu'estime Olivier Gantois, le patron de l'Union Francaise des Industries Petrolières (UFIP).

"Est-ce qu'on peut se passer du pétrole russe? La réponse pour la France est oui. Mais il faut dire que la France n'importe que 10 à 15% de son pétrole de Russie, le reste vient d'ailleurs", rappelle Olivier Gantois.

Surtout le pays jouit de par sa position géographique d'une position unique sur la planète qui pourrait lui permettre de substituer ses approvisionnements russes.

"La France a une situation privilégiée, c'est le seul pays du monde qui est à la croisée de tous les chemins d'approvisionnement pétrolier, estime le patron de l'UFIP. Du coup on peut plus facilement de d'autres pays remplacer du pétrole russe qui arrive soit de mer Baltique, soit de mer Noire par de l'approvisionnement du Moyen-Orient, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud, d'Afrique de Mer du Nord..."

"Certains achètent 100% de pétrole russe"

Si l'Europe ne compte pas suivre les Etats-Unis sur un embargo russe, le blocage vient d'Allemagne et plus globalement de l'est du continent.

"Les marchés pétroliers sont mondiaux, ce que j'ai dit est valable pour la France c'est moins valable pour l'Europe qui achète 30% de son pétrole à la Russie et notamment les pays d'Europe de l'est dont certains achètent 100% de leur pétrole à la Russie", assure Olivier Gantois.

La flambée des cours du brut depuis quelques semaines pourrait donc se poursuivre si les arrêts d'achats de pétrole russe venaient à se multiplier.

"Le monde lui même va avoir du mal à remplacer le pétrole russe, assure Olivier Gantois. La Russie produit 11 millions de barils par jour et en exporte la moitié (5,5 millions de baril par jour), il va bien falloir les trouver quelque part. Tout ça crée non pas de pénurie -il n'y a pas de pénurie actuellement- mais une crainte de pénurie qui a fait flamber les marché pétroliers."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco