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Négociations commerciales: Emmanuel Macron en Bourgogne pour rassurer les agriculteurs

Le président Emmanuel Macron, le 12 janvier 2021 à Tilly, dans le Calvados

Le président Emmanuel Macron, le 12 janvier 2021 à Tilly, dans le Calvados - Christophe Ena © 2019 AFP

Le chef de l'Etat devrait une nouvelle fois mettre la pression sur les distributeurs accusés de ne pas respecter l'esprit de la loi Egalim, à une semaine de la fin des négociations commerciales.

A une semaine de la fin des négociations commerciales entre industriels et distributeurs, Emmanuel Macron se rend ce mardi dans une exploitation familiale en Côte-d’Or, près de Dijon, pour rassurer les agriculteurs. S’en suivra une table ronde avec les différents acteurs de la filière alors que les discussions sur la fixation des prix des produits tournent au bras de fer, dans un contexte marqué par la flambée des matières premières.

Du côté de l’exécutif, on assure être "attentif" au bon déroulé des négociations. Et face aux acteurs de la chaîne agro-alimentaire, le chef de l’Etat devrait une nouvelle fois exprimer sa fermeté à l’égard de la grande distribution accusée de ne pas toujours respecter la loi Alimentation, comme l’a regretté le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie :

"Certains acteurs ne respectent pas, soit la lettre ce qui est grave, soit l’esprit de la loi Egalim. On voit pour des types de discussions, des types de produits ce que la loi prévoit, c’est-à-dire de donner de la transparence sur la construction des prix", a-t-il déclaré il y a dix jours sur BFM Business.

Multiplication des contrôles

Distributeurs, industriels et agriculteurs ont jusqu’à lundi pour s’entendre sur les prix des produits et donc la rémunération des fournisseurs. Pour éviter les pressions abusives, l’exécutif réaffirme pour l’heure sa volonté de multiplier les contrôles.

Plus largement, la table ronde de ce mardi sera aussi l’occasion de faire un premier bilan de l’efficacité de la loi Alimentation en discernant les filières où la rémunération des agriculteurs a progressé et les secteurs où il est nécessaire d’aller plus loin.

Sur RMC et BFMTV lundi, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, s’est défendu des critiques portées à l’encontre de la grande distribution, accusant indirectement les industriels de capter la marge:

"La question centrale qui n’est aujourd’hui pas résolue du partage de la marge, c’est que quand je parle aux agriculteurs ils me disent : ‘Mais j’ai à peu près le même prix qu’il y a trois ans avant les augmentations’. (…) Ce serait très heureux qu’on arrive à démontrer que les augmentations consenties reviennent bien dans la poche des agriculteurs. Ça n’a pas été le cas jusqu’alors", a-t-il regretté.
Raphaël Couderc avec Paul Louis