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Naval Group réalise l'hélice d'un chasseur de mines en impression 3D

Naval Group a livré à la Marine nationale une hélice de cinq pales de 2,5 mètres d’envergure imprimée en 3D dans les ateliers du site de Nantes-Indret. Elle a été montée sur L’Andromède.

L'impression 3D ne restera pas destinée à produire de petites pièces mécaniques. L’Andromède, un chasseur de mines de la marine nationale vient d'être équipé d'une hélice en "fabrication additive". Cet élément en alliage de cuivre et d'aluminium est composé de cinq pales de 200 kg chacune et affiche une envergure de 2,5 mètres.

La pièce a été réalisée, non pas dans un labo, mais sur le site de production de Naval Group de Nantes-Indret. Elle ne vise pas à être une simple performance technologique, mais à devenir le point de départ d'une méthode de production pour améliorer les performances des navires, les rendre plus furtifs et accélérer la maintenance.

Cette hélice est une prouesse technologique. Elle mesure 2,5 mètres d’envergure dispose de cinq pales de 200 kg chacune
Cette hélice est une prouesse technologique. Elle mesure 2,5 mètres d’envergure dispose de cinq pales de 200 kg chacune © Naval Group

Plus légère que les modèles tradtionnelles, elle présente une meilleure discrétion acoustique. Mais aussi, le temps de production a été divisé par dix. Une centaine d'heure a permis de sortir cet élément de l'usine. Une hélice classique demande jusqu'à un an entre la commande et la livraison. Désormais, plus besoin de réaliser un moule pour couler le métal.

Sous-marins et porte-avions nucléaires

Comme les hélices traditionnelles, elle répond aux conditions d'utilisation extrêmes des navires (corrosion, fatigue, résistance aux chocs,…) et ont été certifées par le bureau Veritas.

Cette technique permettra de faciliter les opérations de "Maintien en Condition Opérationnelle", indique Naval Group et donc d'immobiliser un navire de guerre moins longtemps et d'optimiser les coûts.

"Le montage de cette hélice est une grande promesse pour l’avenir. Cette nouvelle technologie nous permettra de limiter considérablement les contraintes techniques et donc de proposer des solutions nouvelles pour la fabrication de composants de géométrie complexe inaccessible par des procédés conventionnels", explique Eric Balufin, directeur du site Naval Group de Brest.

La fabrication additive va progressivement devenir au centre de la construction des navires de guerre. Naval Group va investir désormais 7 millions d’euros par an dans ce domaine, contre 3 à 4 millions d’euros les années précédentes.

Le but est d'élargir l'offre en pièces détachées imprimée en 3D. Il évoque même la possiblité de produire toutes sortes de d'éléments, même ceux des réacteurs nucléaires pour les sous-marins nucléaires d’attaque de la gamme des Barracuda ou le porte-avions de nouvelle génération récemment annoncé par le président de la République.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco