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Métropole de Lyon: la gestion de l'eau potable redeviendra publique en 2023

Une régie publique sera chargée de la gestion de l'eau lyonnaise dès 2023

Une régie publique sera chargée de la gestion de l'eau lyonnaise dès 2023 - Anne-Chrisitine Poujoulat - AFP

La métropole de Lyon va reprendre la main sur la production et la distribution de l'eau potable, aujourd'hui assurée par le groupe Veolia.

Promesse de campagne des écologistes, la métropole de Lyon va reprendre la main sur la gestion de son eau potable. La nouvelle majorité métropolitaine lance le chantier: une régie publique sera chargée, dès le 1er janvier 2023, de produire et de distribuer les 245.000 m3 d'eau nécessaires chaque jour à l'agglomération et à ses 1,2 million d'habitants. Ce marché de 88 millions d'euros annuels échappe au groupe Veolia qui assure l'exploitation du réseau depuis 2015, dans le cadre d'une délégation de service public (DSP) qui arrive à échéance en décembre 2022.

Les écologistes lyonnais veulent suivre l'exemple d'autres villes, comme Paris, Nice ou Grenoble. Un passage en régie publique permet "d'enlever tout intérêt économique à la gestion de l'eau... même si le travail accompli aujourd'hui est de qualité", a défendu le président de la métropole, Bruno Bernard, lors d'une visite ce mercredi du site de pompage de la Freyssine. Depuis que la DSP a été accordée à Veolia, dont la filiale dédiée à l'eau lyonnaise dégage une rentabilité nette de 5 à 6% par an, le taux de rendement est passé de 77% à 85%, selon des chiffres cités par Le Monde.

Ces deux prochaines années, avant l'expiration du contrat qui lie le groupe à la métropole, devront définir les conditions de la transition, et se pencher sur le sort des 269 collaborateurs de la filiale de Veolia. "Même en régie complète, la régie ne fait jamais tout toute seule", a relevé Frédéric Van Heems, directeur général de Veolia Eau. L'opération est un vrai symbole pour le groupe, car son ancêtre, la Compagnie générale des eaux, avait été formée par décret impérial en 1853 précisément pour alimenter Lyon en eau.

Pas de baisse des tarifs

L'objectif: une meilleure "préservation de la ressource", et non une baisse des tarifs, assurent les écologistes lyonnais. "Il n'y aura pas de changement tarifaire, dans un premier temps du moins, à l'exception d'une tarification sociale et solidaire ayant pour objectif que les premiers mètres cubes soient gratuits pour les plus précaires", a indiqué Bruno Bernard. Les bénéfices dégagés devraient servir, selon la municipalité, à intensifier la lutte contre les fuites du réseau ou à engager des actions pour réduire l'usage des pesticides par les agriculteurs proches du site de captage.

Presque toute l'eau potable consommée par les habitants de la métropole de Lyon est captée sur deux îles au milieu du Rhône, à seulement quelques kilomètres du centre-ville, via une centaine de puits qui vont chercher sous 20 mètres de sables et de graviers cette eau naturellement filtrée. Trois fois plus grand que le parc de la Tête d'or, ce site de 350 hectares – strictement interdit à toute activité humaine et à ce titre complètement inconnu des Lyonnais – est classé Natura 2000 en raison d'une flore et d'une faune exceptionnelles.

J. B. avec AFP