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Manifestation à Sarreguemines pour le maintien des emplois à l'usine Smart

L'usine Smart à Hambach (Moselle)

L'usine Smart à Hambach (Moselle) - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

La production était à l'arrêt vendredi, à l'appel de l'intersyndicale, opposée au projet de vente de l'usine de Hambach détenue par Daimler.

Entre 800 et 1.000 personnes ont manifesté vendredi à Sarreguemines (Moselle) pour protester contre le projet de vente par le groupe allemand Daimler du site Smart et pour réclamer des garanties pour le maintien des emplois.

Des représentants de l'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT et CFTC), qui avait appelé à la manifestation, ont ouvert la marche vers 10H00 derrière une banderole sur laquelle était écrit: "Salariés et intersyndicale Smartville: même combat, sauvons nos emplois".

Le groupe allemand Daimler, propriétaire des marques Mercedes et Smart, a annoncé début juillet vouloir vendre l'usine de fabrication de la petite voiture, installée depuis 1997 sur la commune de Hambach, près de Sarreguemines, en raison de difficultés financières liées à l'épidémie de Covid-19.

Le cortège, applaudi par des habitants depuis leurs fenêtres ou leur balcon, a rejoint la sous-préfecture en scandant "Maintien des emplois !" ou "Daimler trahison !".

"Travailler plus, être payé moins et être jeté comme un chiffon pourri ! C'est ça la politique de Daimler ! On va vous faire payer votre trahison !", s'exaspère un manifestant.

Les salariés avaient en effet approuvé en 2015 un plan de compétitivité baptisé "Pacte 2020", prévoyant le retour à 39 heures de travail hebdomadaires, payées 37, avec un rétablissement des 35 heures en 2020.

1600 emplois en jeu

Le Britannique Ineos s'est dit intéressé par reprise du site de Smartville, qui emploie environ 1.600 salariés et sous-traitants, pour y produire son futur 4X4 thermique, le Grenadier.

"Nous sommes contre ce projet (qui) ne nous garantit que trois ans de travail, pas plus. Nous devons avoir huit ans de garantie avec les 1.600 salariés", a indiqué aux manifestants, Jean-Luc Bielitz, délégué syndical CGT.

Le départ du constructeur allemand "est une catastrophe autant économiquement que socialement", soupire Daniel Muller, le maire de Hambach, commune d'environ 3.000 habitants située près de la frontière allemande. "On ne peut pas laisser 1.600 personnes sur le carreau", ajoute-t-il, rappelant que l'arrivée de Smart en 1997 avait été "une bouffée d'oxygène" pour le territoire, marqué par la fermeture des mines.

A l'issue de la manifestation, une délégation a été reçue en sous-préfecture. Mercredi, les syndicats avaient rencontré à Bercy la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, qui doit se rendre à Smartville la semaine prochaine. La production était à l'arrêt vendredi, à l'appel de l'intersyndicale.

C.C. avec AFP