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Macron: Force Ouvrière craint que l’Etat n'ouvre la porte à des baisses de salaires

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- - Jacques Demarthon - AFP

Yves Veyrier, le secrétaire général de FO, a prévenu après le discours d’Emmanuel Macron que l’Etat ne devait pas laisser penser, comme ça a été le cas ces dernières années, que "le salaire est l'ennemi de l'emploi".

Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière, a prévenu dimanche sur RTL qu'il ne fallait pas que l'Etat orchestre "une musique de baisse de salaires", en réaction au discours d'Emmanuel Macron, où il a exhorté à "travailler et produire davantage"

Il faudra "travailler et produire davantage pour ne pas dépendre des autres", et ce "alors même que notre pays va connaître des faillites et des plans sociaux multiples en raison de l'arrêt de l'économie mondiale", a prévenu le président de la République dans sa quatrième allocution depuis le début de la crise.

La moitié des actifs à moins de 1800 euros par mois

"S'il s'agit de donner de l'emploi à tous ceux et toutes celles qui sont sans emploi aujourd'hui, tous les intérimaires, tous les CDD, qui se sont retrouvés sur le carreau, oui. S'il s'agit de faire travailler plus tous ceux qui ont du boulot aujourd'hui, leur remonter les manches, sacrifier des congés, etc... et laisser sur le carreau ceux qui n'ont pas de boulot, ça ne marcherait pas", a réagi le secrétaire général de FO.

"A cette question du travail, j'associe celle du salaire. Il ne faut pas revenir à l'antienne des dix, vingt dernières années, que le salaire est l'ennemi de l'emploi", a encore dit le dirigeant. "Il ne faut pas que l'Etat orchestre une musique de baisse de salaires", a-t-il ajouté, rappelant que "la moitié de la population salariée perçoit moins de 1.800 euros net par mois".

Dans le discours du président de la République, Yves Veyrier a salué le fait d'avoir entendu "un peu plus de syndicats et de négociations collectives". "On va voir comment ça se traduit concrètement", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, Solidaires a de son côté entendu dans le discours d'Emmanuel Macron "un exercice d'autosatisfaction impressionnant quant à la gestion de la crise sanitaire", estimant que "le pouvoir macroniste revient à ses fondamentaux ultralibéraux et nous prépare le retour au monde d'avant".

"Oubliés les stocks de masques inexistants, oublié-es les travailleuses et travailleurs en première ligne sans matériels et sans tests". "Rien de concret. La dette ? Il va falloir travailler et produire plus. On est loin de l'écologie et du partage du travail... En prenant bien soin de préciser qu'il n'y aura pas d'impôt supplémentaire et donc rassurer les plus riches qui continueront d'accumuler pendant qu'on trime", écrit encore Solidaires.

N.G. avec AFP