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Les salariés bloquent 50 tonnes de saumon fumé dans les frigos d'une usine Labeyrie

L'usine alsacienne du groupe Labeyrie doit prochainement fermer ses portes.

L'usine alsacienne du groupe Labeyrie doit prochainement fermer ses portes. - AFP

L'usine Delpierre de Wisches, en Alsace, doit prochainement fermer ses portes. Les salariés ont bloqué les frigos de l'entreprise pour protester contre les conditions offertes par la direction pour leur départ.

Les salariés de l'usine Delpierre (groupe Labeyrie) de Wisches (Bas-Rhin), qui doit fermer ses portes prochainement, bloquaient mercredi 50 tonnes de saumon fumé dans les frigos de l'entreprise afin de protester contre les conditions offertes par la direction pour leur départ, a-t-on appris de source syndicale. Les salariés sont en grève depuis lundi à l'appel du syndicat FGTA-FO et des négociations sont en cours entre la direction et des représentants du personnel à Paris.

"Le blocage du site, stratégique en période de fête, est le point de départ de la construction d'un rapport de force qui doit obliger la direction à revoir sa copie", indique le syndicat dans un communiqué. Les 50 tonnes de saumon fumé non traité représentent une valeur de 200.000 euros environ, selon les salariés. "Si cette marchandise n'est pas expédiée rapidement elle va se périmer", a regretté un porte-parole du groupe Labeyrie.

Le groupe a pris des mesures pour pouvoir retirer sa marchandise du site de Wisches. Des gendarmes sont venus faire sortir les salariés de l'enceinte de l'usine et le chargement du saumon fumé avait débuté en début d'après-midi, selon les salariés et la direction. La fermeture de l'usine, qui emploie actuellement 83 personnes en CDI et 50 intérimaires, avait été annoncée en septembre 2019 et programmée initialement pour le premier semestre 2020. Mais la crise sanitaire a retardé le processus.

Négociations en cours

"On pense qu'on fermera en février, mais on n'en est pas complètement sûrs", a déclaré à l'AFP Julien Blanchet, élu CGT. "On veut partir avec ce que les dirigeants nous avaient promis avant de revenir sur leur parole: on veut un congé de reclassement, une formation et des indemnités supra-légales. Mais pour l'instant la direction est fermée à toute discussion".

De son côté, la direction affirme vouloir "privilégier le dialogue social", selon le porte-parole du groupe Labeyrie. "L'idée est de co-construire le cadre du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) et des mesures d'accompagnement. Toutes ces mesures sont à discuter de part et d'autre, mais le but c'est que ces négociations permettent d'arriver à un accord".

J. Br. avec AFP