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Les ETI plus confiantes dans la reprise que les PME

Le gouvernement proposera une "trajectoire de compétitivité" et non le "choc" réclamé par les chefs d'entreprise car un bond des taxes sur les ménages tuerait l'espoir de reprise économique. Matignon veut convaincre que le coût du travail n'est qu'une par

Le gouvernement proposera une "trajectoire de compétitivité" et non le "choc" réclamé par les chefs d'entreprise car un bond des taxes sur les ménages tuerait l'espoir de reprise économique. Matignon veut convaincre que le coût du travail n'est qu'une par - -

Les entreprises de taille intermédiaire sont 71% à miser sur un retour rapide à la normale, selon une enquête de Bpifrance.

L'optimisme semble être de retour chez les patrons d'ETI, les entreprises de taille intermédiaire. Selon une enquête de la Banque publique d'investissement (Bpifrance), elles sont 71% à s'attendre à un "retour rapide à une activité normale", c'est-à-dire dans les six mois. C'est bien plus que les PME qui ne sont que 47% à partager cette vision.

Les ETI industrielles, qui sont aussi plus fortement internationalisées, se montrent néanmoins moins optimistes que la moyenne, avec seulement 61% qui espèrent retrouver rapidement leur niveau d'activité d'avant-crise.

"Les ETI industrielles et très fortement industrialisées étaient traditionnellement en tête dans nos enquêtes", a rappelé à l'AFP Philippe Mutricy, directeur des études et de la prospective chez Bpifrance.

"Un peu excessifs"

Baptiste Thornary, chef économiste de banque publique, voit dans ce pessimisme relatif des ETI industrielles "un effet de décalage des marchés internationaux qui reprennent quand même plus tard que le marché français".

Les chefs d'entreprise, que ce soit ceux des PME ou des ETI, "sont parfois un peu excessifs dans l'anticipation de la baisse d'activité", mais sur l'emploi, l'investissement ou la trésorerie, "les résultats sont étonnamment bons", constate-t-il encore.

Ainsi 60% des dirigeants d'ETI anticipent une baisse de leur chiffre d'affaires en 2020, généralement comprise entre 10% et 30%, selon l'enquête.

Et si "dans l'ensemble des secteurs d'activité, les effectifs en France sont prévus en baisse" et plus particulièrement dans l'industrie, "la correction des anticipations sur les effectifs, si elle est très significative, semble moins forte que sur l'activité".

44% des projets d'embauche maintenus

Les ETI n'ont ainsi annulé que 9% de leurs projets d'embauche, alors que 35% ont été reportés et 44% ont été maintenus. 12% d'entre elles ne comptaient pas embaucher.

Les ETI ont largement profité des dispositifs d'aide mis en place par le gouvernement avec 79% d'entre elles qui ont eu recours au chômage partiel, 57% au report de charges fiscales ou sociales et 51% au prêt garanti par l'État (PGE).

Enfin, avec la crise, les projets d'investissement des entreprises de taille intermédiaire ont été fortement réduits à la baisse, là aussi davantage pour les plus internationalisées et industrialisées d'entre elles.

Ces projets ont été maintenus à 52%, reportés pour un tiers et seuls 4% annulés, selon l'enquête

OC avec AFP