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Les défaillances d'entreprises toujours en forte baisse en novembre

Les défaillances devraient repartir à la hausse dans les prochains mois

Les défaillances devraient repartir à la hausse dans les prochains mois - caio Triana - Pixabay - CC

Selon la Banque de France, elles reculent de 36% sur un an grâce au filet de sécurité déployé par l'Etat. Les prochains mois seront évidemment plus compliqués.

La tendance observée depuis plusieurs mois se poursuit. En novembre, le nombre de défaillances d'entreprises en défaillance était toujours en très forte baisse sur un an à -36,1% à 2043 selon les données de la Banque de France. Sur les trois derniers mois, le niveau reste inférieur de près de 40% à celui observé sur la même période en 2018 et 2019.

"La baisse du nombre de défaillances sur un an s'observe dans tous les secteurs et pour la plupart des catégories d'entreprise, sans que cela puisse être analysé d'un point de vue économique", commente l'institution. "Cette baisse n'indique pas une réduction du nombre d'entreprises en difficulté".

Filet de sécurité et évolutions réglementaires

En effet, comme dans les mois précédents, ce sont bien le filet de sécurité mis en place par l'Etat depuis le premier confinement en mars (aides de trésorerie, reports des charges...) et l'impact momentané qu'a eu à la fois la période de confinement sur le fonctionnement des juridictions commerciales et les évolutions réglementaires qui ont mis entre parenthèses les déclarations de cessations de paiement qui expliquent cette tendance.

"Ces dispositions temporaires ont potentiellement produit leurs effets jusqu'au 10 octobre 2020 compte tenu du délai légal de 45 jour pour la déclaration de l'état de cessation de paiements. Depuis cette date, le relativement faible nombre de défaillances tient aux mesures gouvernementales de soutien aux entreprises en difficulté qui apportent des aides de trésorerie ou permettent aux entreprises de réduire ou retarder le paiement de certaines charges, et donc le risque de faire défaut sur ces paiements", explique la Banque de France.

Les prochains mois seront évidemment plus compliqués étant donné qu'un nombre important d'entreprises sont maintenues artificiellement hors de l'eau. Le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce (CNGTC) s'attend à une vague de faillites cette année pour les entreprises qui ne seront progressivement plus couvertes par les aides d'Etat.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business