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Le secteur aérien "frustré" des nouvelles restrictions dues au Covid

En novembre, le trafic international a chuté de 88% sur un an

En novembre, le trafic international a chuté de 88% sur un an - Federico Gambarini / dpa / AFP

Alexandre de Juniac, le patron de l'Association internationale du transport aérien (IATA), estime que les gouvernements doivent changer de méthode et ne sont pas intéressés à gérer une approche équilibrée des risques.

Le moral des compagnies aériennes est à nouveau au plus bas. Le secteur qui misait sur un rebond du trafic en fin d'année a vu ses espoirs douchés par les nouvelles mesures de restrictions décidées par de nombreux pays dues à la résurgence de la pandémie, notamment des quarantaines pour les passagers.

Selon les chiffres de la IATA, l'Association internationale du transport aérien, au mois de novembre, le trafic était encore en baisse de plus de 70% dans le monde avec une pointe à -82% en Europe. Sur le seul segment des vols internationaux, la chute atteint plus de 88%.

Pour son dirigeant, Alexandre de Juniac, il est temps de changer de méthode pour faire repartir le trafic sinon le secteur court véritablement à sa perte, la situation étant "périlleuse" pour les compagnies.

"Au lieu d'un coup de pouce de la période des vacances de fin d'année, nous avons eu encore plus de restrictions. Les gouvernements ont resserré les frontières dans une réponse instinctive à une mutation virale. Le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Japon et d'autres ont ajouté les tests à leurs mesures COVID-19 sans supprimer les exigences de quarantaine. En d'autres termes, ils ont choisi des mesures politiques qui empêcheront les voyages", écrit-il.

"Viser un monde sans COVID. C'est une tâche impossible"

Et de poursuivre, pessimiste: "Cette approche nous indique que ces gouvernements ne sont pas intéressés à gérer une approche équilibrée des risques du COVID-19. Ils semblent viser un monde sans COVID. C'est une tâche impossible qui a des conséquences graves dont il serait impossible de calculer toute l'étendue. Mais, avec cette approche, nous savons avec certitude que: l'économie du voyage et du tourisme ne se redressera pas. Les emplois continueront de disparaître".

Que propose le secteur? L'association écarte l'idée d'un passeport vaccinal permettant de prendre l'avion car il serait impossible de "dépendre entièrement" d'une vaccination lente et qui ne concerne pas toutes les populations dans le même temps.

Il plaide pour "une approche basée sur des tests en remplacement des quarantaines afin que nous puissions commencer à traiter les graves effets secondaires des politiques COVID-19".

"La science nous dit que les voyageurs ne seront pas un facteur important de transmission si les tests sont utilisés efficacement. Mais la plupart des gouvernements ont une vision tunnel sur la quarantaine et ne se concentrent pas du tout sur la recherche de moyens de rouvrir les frontières en toute sécurité ou d'atténuer les difficultés économiques et de santé mentale que les verrouillages se sont imposées", dénonce Alexandre de Juniac.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business