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Le PIB français s'est effondré de 13,8% au deuxième trimestre, du jamais vu

Le PIB français a plongé au deuxième trimestre

Le PIB français a plongé au deuxième trimestre - AFP

Comme attendu, l'économie française a accusé une lourde contraction au deuxième trimestre sous l'effet du confinement. Une chute qui est toutefois moindre que les prévisions initiales.

Une chute sans précédent. La France a enregistré un plongeon historique de 13,8% de son produit intérieur brut au deuxième trimestre à cause de l'épidémie de coronavirus, a annoncé l'Insee ce vendredi.

Depuis qu'il mesure l'activité économique française de façon trimestrielle, jamais l'Institut national des statistiques n'avait enregistré pareil effondrement. Il a aussi révisé sa mesure de l'activité au premier trimestre, qui a chuté de 5,9%, au lieu de 5,3% rapporté précédemment.

La chute de l'activité au deuxième trimestre est toutefois moindre que ce qu'anticipaient la plupart des analystes et l'Insee lui-même, qui l'estimait encore à 17% au mois de juin.

"C'est un chiffre attendu, c'est un chiffre sévère, mais c'est un chiffre moins sévère que prévu", a souligné le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur CNEWS. "Si nous avons aujourd'hui des chiffres de croissance qui sont un peu moins mauvais que prévu, c'est la preuve que l'action politique, la décision politique publique, elle est efficace", a-t-il ajouté en soulignant que le gouvernement était "totalement déterminé à tout faire (...) pour accélérer le redressement économique national et créer les emplois qui vont avec".

Chute de la consommation de 11%

Dans le détail, la consommation des ménages, principale composante de la croissance, a reculé de 11%, les investissements de 17,8%, les exportations de 25,5%. "L'évolution négative du PIB au premier semestre 2020 est liée à l'arrêt des activités 'non essentielles' dans le contexte du confinement mis en place entre mi-mars et début mai", explique l'institut dans un communiqué.

"La levée progressive des restrictions conduit à une reprise graduelle de l'activité économique aux mois de mai puis de juin, après le point bas atteint en avril", poursuit l'Insee. La plus forte baisse trimestrielle du PIB avant la crise du coronavirus avait été enregistrée au deuxième trimestre 1968, affecté par la grève générale en mai, mais qui avait été suivi par un rebond de +8% à l'été.

La remontée devrait cette fois être d'autant plus vigoureuse que la dégringolade fut abyssale: l'Insee a prévu +19% pour le troisième trimestre, Natixis +16% et la Banque de France +14%.

P.L avec AFP