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L'OCDE table sur une récession de 11,4% en France en 2020 sans seconde vague de l'épidémie

La France devrait connaître l'une des plus importantes récessions

La France devrait connaître l'une des plus importantes récessions - AFP

Si les prévisions de l'OCDE s'avéraient exactes, la France connaîtrait l'une des pires récessions observées dans le monde. En cas de seconde vague, le PIB pourrait même se contracter de près de 14%.

Les prévisions se suivent et se ressemblent. D'après les derniers chiffres de l'OCDE publiés ce mercredi, l'ampleur de la récession due à la crise sanitaire sera de 11,4% en 2020 en France. Ce repli pourrait même atteindre 14,1% en cas de deuxième vague de l'épidémie dans l'Hexagone. Soit l'une des pires contractions anticipées avec l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni. L'année 2021 devrait toutefois amener un puissant rebond de 7,7% si l'épidémie en reste là, et tout de même de 5,2% en cas de retour du virus.

L'OCDE table en outre sur une récession mondiale de 6% pour 2020 si la pandémie de Covid-19 "reste sous contrôle" et de 7,6% en cas de deuxième vague, selon ses dernières prévisions économiques. Pour 2021, l'Organisation de coopération et de développement économiques anticipe un fort rebond dans le premier cas avec une croissance de 5,2%. Rebond qui serait toutefois limité à 2,8% en cas de deuxième vague.

Début mars, alors que le coronavirus avait déjà frappé de plein fouet la Chine mais pas encore les autres grandes économies de la planète, l'OCDE tablait encore sur 2,4% de croissance mondiale pour l'année en cours. Qu'il y ait ou non une deuxième vague épidémique, "à la fin de 2021, la perte de revenu dépassera celle de toutes les récessions précédentes au cours des cent dernières années sauf en période de guerre, avec des conséquences terribles et durables pour les populations, les entreprises et les gouvernements", affirme la chef économiste de l'OCDE Laurence Boone.

-9,1% en zone euro

"Partout, le confinement a renforcé les inégalités entre les travailleurs", les plus qualifiés à même de télétravailler alors que les jeunes et les moins qualifiés sont "souvent en première ligne" dans la lutte contre la pandémie, constate la chef économiste de l'OCDE. Le Covid-19 a aussi "accéléré le basculement d'une 'grande intégration' vers une 'grande fragmentation'" de l'économie mondiale avec l'apparition "de restrictions supplémentaires au commerce et à l'investissement", toujours selon Laurence Boone.

La zone euro sera particulièrement touchée avec un recul du produit intérieur brut (PIB) prévu à 9,1% dans le scénario le plus favorable, et à 11,5% en cas de deuxième vague en 2020. Pour les Etats-Unis, l'OCDE prévoit respectivement une diminution du PIB de 7,3% ou de 8,5%, selon les scénarios. La Chine, encore championne de la croissance l'an dernier avec 6,1%, verra elle aussi son économie se contracter, de 2,6%, voire de 3,7% cette année si le virus y resurgit massivement.

Pour permettre à l'économie de se redresser, l'OCDE préconise notamment de "renforcer les systèmes de santé", de "faciliter les évolutions des métiers tout en renforçant la protection des revenus", et de "rendre les chaînes d'approvisionnement plus résilientes".

P.L avec AFP