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Le nouvel avion espion commandé par la France a été livré à l'armée de l'air

Cet avion espion est un King Air 350 du constructeur américain Beechcraft, bardé de capteurs et d'appareils de surveillance électronique, pour les besoins des services de renseignement français.

Cet avion espion est un King Air 350 du constructeur américain Beechcraft, bardé de capteurs et d'appareils de surveillance électronique, pour les besoins des services de renseignement français. - Ministère des Armées

L'armée de l'air a reçu le premier des huit avions légers de surveillance et de reconnaissance qu'elle a commandé à l'américain Beechcraft pour effectuer des missions de renseignement. Cette version militaire du King Air 350 est un bimoteur capable de rivaliser avec les jets d'affaires.

L'armée française n'utilise pas que des drones de surveillance sur ses théâtres d'opérations extérieures comme au Sahel. Bien qu'ils soient moins endurants en vol que ces appareils sans pilotes, de petits avions classiques sont aussi prisés par les militaires pour assurer des missions de renseignement sur des terrains hostiles.

Ces deux avions légers avaient été commandés en 2016

L'armée de l'Air a réceptionné il y a quelques jours le premier de ses deux avions légers de reconnaissance et de surveillance (ALRS).

Ils ont été équipés à bord de moyens électroniques de renseignement militaire par Thales et Sabena Technics. Ces avions avaient été commandés en 2016 lors d'un marché public de 50 millions d'euros.

Des avions à hélice rivalisant avec certains jets d'affaires

Arborant une apparence civile, mâtinée d'une petite cocarde tricolore, ces aéronefs sont en fait des avions d'affaires d'origine américaine, des modèles Beechcraft (King Air 350) à deux hélices.

Biturbopropulseurs (avec deux moteurs Pratt&Whitney), ils sont capables de rivaliser avec certains jets d'affaires. Leurs caractéristiques techniques leur permettent en théorie de voler jusqu'à 10.000 m d'altitude, à une vitesse de près de 580 km/H (pour une autonomie de 2600 km).

Des avions faciles à déployer sur les théâtres d'opération

Pour assurer leurs missions de surveillance et d'écoute, ils ont été bardés de capteurs et de systèmes sophistiqués de vision et d'écoute des différentes bandes spectrales.



Pour l'armée française, ces avions légers présentent l'avantage d'être faciles à déployer sur un théâtre d'opérations et d'avoir une "empreinte logistique" faible.

Huit avions légers sont prévus d'ici 2030

Un deuxième aéronef doit être livré prochainement mais ces deux avions de reconnaissance sont notoirement insuffisants pour couvrir les besoins opérationnels de l'armée française.

Pour répondre à cette attente, le ministère précise que "dans le cadre du volet défense du plan de soutien à l’aéronautique, la commande du troisième ALSR sera anticipée en vue d’une livraison avancée à 2023 au lieu de 2027 comme initialement prévu".

En outre, la loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit d'atteindre un parc de huit avions légers de surveillance et de reconnaissance opérationnels à l'horizon 2030.

Au service du renseignement militaire français

Ces avions seront mis en œuvre par l’armée de l’Air, mais ils seront au profit de l'ensemble du renseignement militaire français.

"Ils seront complémentaires des autres moyens de renseignements présents sur les théâtres d’opérations extérieures (drones, Rafale, Atlantique 2, etc.)" précise le ministère.

Pour étoffer cette panoplie, l'armée française a déjà commandé en début d'année les deux premiers avions de renseignement du programme Archange pour intercepter les émissions radio et radar ennemies.

Bardés d'équipements électroniques, ils seront, eux, basés sur l'avion d'affaires Falcon 8X de Dassault Aviation.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco