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Le dispositif de prêts participatifs pour les petites entreprises se fait attendre

Les petites entreprises fragilisées par la crise n'ont toujours pas vu la couleur des 20 milliards d'euros de prêts participatifs qui doivent leur permettre de renforcer leurs fonds propres. L'exécutif doit encore convaincre Bruxelles et les investisseurs. Les banques, elles, se disent prêtes à démarrer.

"C’est une question de jours ou de semaines", a promis Bruno Le Maire. Inscrit dans la loi de finances de 2021, le dispositif de prêts participatifs pour les PME et ETI fragilisées par la crise n'est toujours pas ouvert. Plusieurs obstacles freinent le lancement de ces prêts de long terme (huit ans minimum) qui ont l'avantage de permettre aux petites entreprises de renforcer leur trésorerie et leur structure financière -et donc d’investir- sans prise de participation d’un actionnaire extérieur.

En effet, les prêts participatifs ne sont comptablement pas considérés comme de la dette mais comme des quasi-fonds propres. Encore faut-il obtenir l’accord de la Commission européenne pour lancer le dispositif. Bruno Le Maire doit d’ailleurs se rendre à Bruxelles prochainement pour finaliser les discussions autour de ce mécanisme.

Convaincre les investisseurs

Surtout, il faut convaincre les investisseurs (assureurs, gestionnaires d'actifs, fonds…), auxquels les banques distribuent ces prêts, d’y prendre part. Pour y parvenir, l’Etat se dit prêt à garantir 35% des 20 milliards d’euros de fonds prévus, rapportent Les Echos. Soit 7 milliards d’euros, alors qu’il n’envisageait que 2 milliards de garantie publique jusqu’à présent. Par ailleurs, la rémunération des prêts devrait s’élever à 4 ou 5% de manière à ce que le coût pour les entreprises demeure raisonnable mais suffisamment attractif pour attirer les investisseurs.

D’après le quotidien économique, les banques souhaiteraient lancer les prêts participatifs sans attendre tous les investisseurs avec une "première levée de fonds au printemps auprès des investisseurs intéressés, puis une autre quelques mois plus tard", évoque une source bancaire.

Ces prêts participatifs sont "cruciaux", assure un patron d’ETI à BFM Business, car il s’agit autant d’un outil défensif pour tenir le temps de se refaire une santé financière, qu’offensif en permettant aux entreprises de reprendre leurs investissements.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco