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Le confinement a grévé d'au moins 40 millions d’euros les finances de l’Eglise en France

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- - Charly Triballeau - AFP

Les semaines sans messe, et donc sans quête, pendant le confinement, aurait généré un manque à gagner de 40 à 50 millions d’euros pour les paroisses catholiques, a fait savoir l’Eglise ce jeudi.

L'Eglise catholique a estimé jeudi que ses ressources allaient baisser de "40 à 50 millions d'euros" en raison des célébrations suspendues pendant le confinement et a lancé une campagne nationale d'appel aux dons auprès des fidèles pour soutenir les paroisses.

"Nous n'avons pas pu collecter pendant ces deux mois" de confinement "l'équivalent de 40 à 50 millions d'euros", a déclaré Ambroise Laurent, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, le CEF, en charge des finances, lors d'une visioconférence de presse jeudi.

10 à 15% des ressources de l'Eglise

Il s'agit d'une "estimation", selon lui, "calculée sur le fait que les églises ont été, non pas fermées mais inaccessibles pour célébrer, pendant environ dix dimanches, notamment pendant la période de la Semaine Sainte, où en général il y a une affluence plus importante qu'habituellement".

Ont donc été suspendues les quêtes, offrandes de messes et casuels (dons à l'occasion de baptêmes, mariages, funérailles) pendant cette période. "Ce n'est pas loin de représenter 10 à 15%" du montant total des ressources courantes de l'Eglise, qui étaient de 540 millions d'euros en 2018, hors legs. Dans le même temps, les "charges" de l'Eglise sont restées quasi identiques, selon lui.

Début avril , "80 à 95% des diocèses ont demandé le bénéfice des reports de charges sociales, les reports d'échéances d'emprunts, certains ont même dû recourir au prêt garanti par l'Etat", a-t-il détaillé.

10 diocèses dans le rouge

Au total, "dix diocèses, à fin juin, sont en situation de trésorerie négative", a-t-il déclaré, notamment ceux d'Avignon et Créteil. Des dispositifs de quête en ligne, dont l'un mis en place au 1er avril, "ont toutefois dû permettre de percevoir 3 à 4 millions selon lui". Un système, ponctuel, de solidarité entre diocèses est par ailleurs mis en place.

Pour autant, et pour faire face, la CEF lance du 13 au 28 juin une campagne nationale auprès des "catholiques pratiquants". Ils sont invités, via des spots, des visuels et des messages dans divers médias chrétiens et à travers une plateforme à soutenir les actions locales lancées au niveau des paroisses et diocèses.

L'épiscopat "fait le pari" que le denier, principale ressource collectée pour une grande part au dernier trimestre de l'année, ne va pas être, elle, affectée par le confinement.

N.G. avec AFP