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L'incertitude incite les cadres à ne pas aller voir ailleurs

Les cadres travaillent en moyenne 75 heures de moins par an par rapport au milieu des années 1970

Les cadres travaillent en moyenne 75 heures de moins par an par rapport au milieu des années 1970 - Martin Bureau- AFP

Selon la dernière étude de Cadremploi, plus de 50% des cadres ne souhaitent pas quitter leur entreprise pour le moment.

D'habitude si prompts à envisager une évolution professionnelle et un changement d'employeur, les cadres français jouent aujourd'hui la carte de la prudence dans cette période truffée d'incertitudes.

Ainsi, selon la dernière étude* de Cadremploi, 52% des cadres interrogés ne souhaitent pas quitter leur entreprise pour le moment contre 35% en 2019 (même s'ils sont 70% à déclarer avoir consulté des offres d’emploi pendant, puis après le confinement).

Autres effets de cette prudence, ils sont seulement 1% à vouloir devenir indépendant (contre 5% en 2019), 3% à vouloir créer son entreprise (contre 7%) et 2% à vouloir changer d’activité (contre 8%).

Cette prudence varie néanmoins fortement avec l’âge. La volonté de rester en place concerne avant tout les seniors (70% des plus de 50 ans, +18 points par rapport à 2019) contre seulement 43% des 18-34 ans (- 9 points).

Niveau d'optimisme au plus haut

Paradoxe, alors que les perspectives économiques sont très incertaines, les cadres affichent un niveau d’optimisme au plus haut concernant leur situation professionnelle (74% contre 73% en 2019). Presque 8 cadres sur 10 estiment en effet que leur entreprise a la capacité de surmonter la crise.

Cette période sans précédent semble également avoir modifié les priorités des cadres en matière d'évolution professionnelle. L’équilibre vie professionnelle / vie personnelle se hisse en haut des critères (71% contre 66% en 2017) et passe pour la première fois devant la localisation géographique de l’entreprise (62% contre 67%).

Les possibilités d’évolution liées aux postes chutent de 13 points depuis 2017 à 35%, tout comme l’environnement matériel de travail (24%, -10 points). Et si la rémunération demeure le critère de décision le plus important, il chute de 7 points (62% contre 69% en 2017). Cela tombe bien, les salaires devraient marquer le pas l'année prochaine...

En parallèle, l’intérêt pour le télétravail se confirme et 48% des répondants considèrent que la possibilité de recourir à ce mode de fonctionnement est plus important pour eux qu’avant la crise.

"Si les cadres jouent logiquement la carte de la prudence actuellement, ils n’ont pas pour autant moins d’ambitions, au contraire, ils ont de nouvelles priorités. Les entreprises vont devoir prendre en considération ces changements pour continuer à les attirer, et mettre en place de nouveaux modes d’organisation compatibles avec ces attentes, le télétravail en tête, impliquant in fine, de nouvelles façons de manager", commente Elodie Franco Da Cruz, responsable des études de Cadremploi.
*: L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population cadre du secteur privé. Les interviews ont été réalisées en ligne du 2 juillet au 8 juillet 2020. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas sur les critères de sexe, d’âge, de secteur d’activité et de région.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business