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L'armement breton TOWT lance un appel d'offre pour 4 cargos à voile

Le premier voilier devrait être mis à l'eau fin 2021 et le dernier courant 2024.

Le premier voilier devrait être mis à l'eau fin 2021 et le dernier courant 2024. - Towt

La compagnie de transport de marchandises à la voile veut lancer la construction de 4 voiliers de 67,5 mètres de long, d'une capacité de 1.000 tonnes et d'un coût avoisinant les 10 millions d'euros l'unité.

La compagnie bretonne de transport de marchandises à la voile TOWT a annoncé jeudi le lancement d'un appel d'offre européen pour la construction d'ici 2024 de quatre cargos à voile de 70 mètres de long.

"On lance l'appel d'offre dans les heures qui viennent", s'est félicité lors d'une visio-conférence Guillaume Le Grand, cofondateur en 2011 de l'entreprise basée à Douarnenez, dans le Finistère. "C'est un grand tournant pour nous", a-t-il assuré.

Cinq chantiers, deux en Espagne, un au Portugal, un aux Pays-Bas, mais également un dans le Finistère, ont été présélectionnés dans le cadre de cet appel d'offre.

Celui-ci concerne la construction de quatre voiliers de 67,5 mètres de long, d'une capacité de 1.000 tonnes et d'un coût avoisinant les 10 millions d'euros l'unité. TOWT compte financer la construction des quatre cargos via plusieurs levées de fonds.

Le premier devrait être mis à l'eau fin 2021 et le dernier courant 2024.

90% de fioul en moins

Dessinés par le bureau d'architecture nantais H&T, ces voiliers en acier pourront atteindre les 12 noeuds en moyenne et ainsi relier Le Havre à New York en 13 jours avec une réduction de la consommation de fioul de plus de 90% par rapport à un navire à moteur de même jauge.

La voilure pourra atteindre une surface totale de 4.400 m2. Du fait de la mécanisation du navire, "il n'y aura pas d'efforts physiques à fournir pour larguer les voiles", a assuré Antoine Sarrat, du bureau H&T.

Les voiliers disposeront tout de même d'un moteur thermique et d'un autre électrique en cas de besoin. Douze passagers pourront embarquer à bord et l'équipage sera composé de sept marins.

Le chocolatier Cemoi parmi les clients

Plusieurs entreprises se sont déjà engagées à acheminer leurs marchandises à bord de ces futurs cargos à voile, tels que le premier chocolatier français Cémoi, l'importateur et distributeur de cafés verts Belco ou la société Ethicdrinks, spécialisée dans les vins durables.

La société TransOceanic Wind Transport (TOWT) affrète des vieux gréements afin de transporter du thé, du café, du rhum, du chocolat ou encore du vin depuis l'Amérique latine, les Açores ou encore les Caraïbes. Elle est à l'origine du label Anemos pour un transport maritime "décarboné et transparent".

D'autres projets sont en train d'éclore en France et ailleurs avec l'objectif d'utiliser la force du vent pour acheminer le fret, via des voiliers modernes, mais également des cargos dotés d'ailes rigides rétractables ou de porte-conteneurs tractés par des cerf-volants.

C.C. avec AFP