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Julien Denormandie devient ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Julien Denormandie discute avec Edouard Philippe le 9 juin 2020 à l'Assemblée

Julien Denormandie discute avec Edouard Philippe le 9 juin 2020 à l'Assemblée - Bertrand GUAY © 2019 AFP

L'ex-ministre chargé de la Ville et du Logement du gouvernement Philippe rejoint le ministère de la rue de Varennes où il devra s'attaquer au dossier chaud de la réforme de la Politique agricole commune.

Julien Denormandie a été nommé ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation au sein du nouveau gouvernement de Jean Castex, en remplacement de Didier Guillaume, a annoncé lundi le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler.

Auparavant, l'homme de 39 ans était secrétaire d'Etat du gouvernement d'Edouard Phillipe puis ministre chargé de la Ville et du Logement auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault.

A l'Agriculture, Julien Denormandie devra déminer des sujets délicats: le monde agricole est plus que jamais en crise, notamment du côté des éleveurs, et la loi Alimentation, censée redonner du revenu aux agriculteurs, n'a pas eu d'effets sensibles à ce jour.

La nomination de l'ex-ingénieur du génie rural, des eaux et des fôrets n'a d'ailleurs pas tardé à faire réagir. Dans un communiqué, le syndicat Jeunes Agriculteurs a félicité le nouveau ministre, lui demandant notamment "de travailler étroitement avec la ministre de l'Ecologie, Barbara Pompili [...] afin d'accompagner les agriculteurs dans les transitions, notamment la lutte contre le changement climatique, dans une logique incitative plutôt que punitive, et de façon pragmatique plutôt que dogmatique".

La réforme de la PAC et la guerre des prix

Les Jeunes Agriculteurs rappellent également au nouveau ministre un dossier chaud qui l'attend sur son bureau: "les deux années à venir seront marquées par la réforme de la PAC, qui doit être dotée d'un budget ambitieux", précise le syndicat.

Dans un communiqué, le syndicat agricole FNSEA prévient le nouveau ministre "les attentes des agriculteurs sont grandes". Première d'entre elle: "la concrétisation de la promesse du Président de la République de permettre à la France et à l'Europe de retrouver sa souveraineté alimentaire".

Elle alerte à son tour Julien Denormandie de la nécessité "d'obtenir un budget de la PAC ambitieux et permettant de répondre aux marchés et à toutes les attentes que la société place dans ses agriculteurs".

De son côté l'Ania qui regroupe les acteurs majeurs de l'agroalimentaire français demande dans un communiqué au nouveau ministre de s'attaquer au dossier de "la nouvelle course au prix le plus bas" qui menace "l’emploi dans les territoires".

Un connaisseur de l'agriculture

En 2018, l'ingénieur agronome de formation alors en en visite au Salon de l'agriculture se félicitait de revenir à ses "premières amours":

Ingénieur du Génie rural, des eaux et des forêts, Julien Denormandie a en effet été élève de l'Institut national agronomique Paris-Grignon et de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF).

Passé par plusieurs cabinets à Bercy sous la présidence de François Hollande, il rejoint la campagne d'Emmanuel Macron dès son lancement fin 2016, alors qu'il connaît déjà le futur chef de l'Etat depuis plusieurs années. Alors que l'élection d'Emmanuel Macron devait marquer la fin du jeu politique pour Julien Denormandie qui comptait rejoindre le privé, chez l'assureur Axa, il atterrit au gouvernement en juin 2017. D'abord comme secrétaire d'Etat, puis il devient ministre et laissera notamment le dispositif fiscal "Denormandie". Après le "Pinel" ou le "Robien", ce dernier a néanmoins sa propre couleur car il vise à encourager la réhabilitation des logements plutôt que la construction.

https://twitter.com/AnneKatell Anne-Katell Mousset Rédactrice en chef adjointe BFM Éco