BFM Business

Voyage de Macron en Chine: les entreprises tricolores ramènent 15 milliards de dollars de contrats

Emmanuel Macron et Xi Jinping lors du G20 à Osaka, 28-29 juin 2019

Emmanuel Macron et Xi Jinping lors du G20 à Osaka, 28-29 juin 2019 - Ludovic MARIN / AFP

Aéronautique, énergie, agro-alimentaire... Les entreprises françaises ne reviennent pas les mains vides de Chine.

Le déplacement d'Emmanuel Macron en Chine avait une forte vocation commerciale. Et les nombreuses entreprises qui ont accompagné le président de la République reviennent avec de nombreux contrats ou projets en poche.

Selon la présidence, le montant total de la quarantaine de contrats signés se hisse à 15 milliards de dollars. "Lors de la visite en Chine d'Emmanuel Macron, la France et la Chine ont signé des documents de coopération dans les domaines de l'aéronautique, des énergies propres, de l'agroalimentaire, de la finance, et de l'électricité avec un montant de 15,1 milliards de dollars américains", a détaillé une responsable de la présidence lors d'une cérémonie de signature au Grand palais du peuple de Pékin.

Le détail des différents contrats

- Accord avec Engie sur le GNL :

Un accord d'une valeur d'un milliard d'euros été signé mercredi entre GTT, filiale d'Engie, et Beijing Gas Group, afin de développer un terminal de stockage GNL à Tianjin, et une canalisation de 230 km pour acheminer le gaz à Pékin. Cet accord est en cours d'examen par le Mofcom, le ministère chinois du Commerce, a précisé l'Elysée.

- Agréments d'exportation pour l'agro-alimentaire :

Vingt entreprises agro-alimentaires françaises (volaille, bovine et porcine) ont été agrées pour exporter en Chine (17 de viande, trois de charcuterie). Un protocole pour l'export pour la semence porcine a également été signé à l'heure où la Chine est justement touchée par une épizootie de peste porcine. Un autre protocole a enfin été conclu concernant l'export de palmipèdes et de foie gras cette fois.

- Coopération entre Airbus, Safran et la CNDR :

Afin d''approfondir la coopération industrielle du groupe aéronautique Airbus en Chine dans les prochaines années", comme le souligne l'Elysée, un mémorandum de coopération a été signé entre le constructeur aéronautique européen et la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR). A cette fin, une coentreprise a été constituée entre, d'un côté, Safran, de l'autre AECC, afin de commercialiser un moteur d’hélicoptère WZ16, certifié en octobre dernier en Chine.

"Suite à la certification du moteur WZ 16 de Safran par les autorités chinoises, Safran et la compagnie AECC" ont ainsi "convenu d’un accord de coopération en vue de la production et de la livraison sur le marché chinois de moteurs WZ 16", poursuit l'Elysée.

- Emission d'obligations vertes :

On apprend également que la Chine a choisi la place de Paris pour sa première émission d'obligations vertes depuis 2004 pour un montant de 4 milliards d'euros. "Je veux saluer votre choix de retenir la place de Paris pour la première émission d'obligations souveraines en euros depuis 2004, c'est une marque de confiance à l'égard de notre place financière", a commenté le chef de l'Etat français.

- Accord sur les indications géographiques protégées :

Autre accord signé au cours de la visite d'Emmanuel Macron: celui entre l’Union européenne et la Chine concernant la reconnaissance mutuelle et la protection des indications géographiques protégées (IGP). Dans le détail, cet accord porte sur la reconnaissance de 26 IG françaises à l'instar du Beaujolais, du Bordeaux, du Champagne, du Saint-Emilion, du Cognac, de l'Armagnac, des Pruneaux d’Agen, ou encore du Comté.

- Avancée sur le dossier d'une usine de traitement pour Orano :

Paris et Pékin ont appelé à la signature d'ici le 31 janvier 2020 d'un accord final sur la construction en Chine d'une usine de traitement de combustibles nucléaires usagés, un méga-contrat très attendu par le géant français Orano mais qui n'est donc pas encore finalisé, comme s'y attendait le président d'Orano Philippe Varin en début de semaine sur BFM Business. En négociations depuis une dizaine d'années, cet accord est évalué à plus de 20 milliards d'euros dont plus de la moitié pour Orano.

L'enjeu est très important: la future usine franco-chinoise pourrait traiter jusqu'à 800 tonnes de combustibles usagés par an, permettant d'en recycler une partie sous forme de "MOX", un mélange de plutonium usagé et d'uranium. Le site doit être conçu et équipé par Orano, selon les technologies développées sur son site de La Hague (nord-ouest de la France) lequel a fait l'objet de visites assidues de la part de responsables chinois.

CNNC s'occuperait lui du gros oeuvre de la construction, avant d'en devenir l'opérateur après sa mise en service. Il s'agira du tout premier site de retraitement en Chine, où la forte expansion du secteur nucléaire soulève la question des déchets radioactifs. Ils sont pour l'instant stockés dans des piscines temporaires.

OC avec AFP