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Vaste plan de relance de l’économie au Japon

Le Premier ministre lance un plan économique au Japon

Le Premier ministre lance un plan économique au Japon - -

Le Premier ministre japonais a lancé vendredi 11 janvier, un plan de soutien massif de plus de 20 000 milliards de yens. Un risque pour les entreprises européennes, selon Guillaume Dard, le président de Montpensier Finance.

"Il est extrêmement important de mettre un terme à la déflation prolongée et à la cherté du Yen". Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a annoncé hier, vendredi 11 janvier, la mise en place d’un vaste plan de relance économique d'une ampleur de 20 000 milliards de yens (175 milliards d'euros), pour sortir le pays de la crise chronique dans laquelle il se débat depuis des années.

Ce montant comprend 10 300 milliards de yens de dépenses de l'Etat pour dynamiser l'activité, combattre la déflation et endiguer la cherté de leur monnaie, notamment via de grands travaux publics, ainsi que les contributions financières des collectivités locales et entreprises privées.

Ce train de "mesures économiques d'urgence" exceptionnelles, appuyées par une rallonge budgétaire financée par l'emprunt, est censé générer la création de 600 000 emplois nouveaux et un surcroît de croissance de 2 points de pourcentage du produit intérieur brut (PIB).

"C’est considérable. Les Japonais, qui sont souvent mesurés, prennent des risques qui sont importants avec à la fois une relance monétaire et une relance budgétaire. C’est à la fois très intéressant et positif pour l’économie mondiale et un peu inquiétant parce que si le Yen dévalue trop, les entreprises européennes en subiront les conséquences car cela nous rendra moins compétitif", a expliqué vendredi 11 janvier, Guillaume Dard, le président de Montpensier Finance, à BFM Business. Et de résumer "Donc c’est bien pour le Japon, un peu dangereux pour le reste du monde".

Reconstruction du pays après le tsunami de 2011

Il s'agit, en effet, d'un des plus gros dispositifs de soutien avec ceux qui avaient été mis en œuvre lors de la crise financière mondiale de 2008-2009, mais "il ne s'agit pas de saupoudrage", a insisté le chef du gouvernement. 

Par ce coup de levier, le Japon espère remettre dans le bon sens les engrenages économiques, critiquant au passage le précédent exécutif de gauche qui n'a selon lui fait qu'aggraver la situation.

Les dépenses nouvelles seront en grande partie dévolues à l'accélération de la reconstruction du nord-est dévasté par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, la remise en état des ponts, tunnels et autres infrastructures publiques vieillissantes.

Le gouvernement entend aussi aider les entreprises à lutter contre des taux de change défavorables ou encore les pousser à développer des produits et services nouveaux pour prendre le relais d'industries matures trop concurrencées à l'étranger.

BFMbusiness.com et AFP