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Thierry Breton (Atos): "il peut se produire une déchirure dans l'économie de l'information"

L’ancien ministre de l'Économie et PDG du groupe Atos estime que si nouvelle crise financière il y a, celle-ci devrait advenir dans un espace bien précis : celui des GAFA.

Le secteur des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) est à surveiller de près , selon Thierry Breton. Invité sur le plateau de Good Morning Business sur BFM Business ce lundi 26 août, le patron d’Atos a tenu à revenir sur ce qui freine aujourd’hui la finance mondiale et ce qu’il convient, selon lui, d’anticiper dans un avenir plus ou moins proche. "En 2007, nous étions dans l’ancien monde. Un ancien monde qui était surendetté. Et effectivement, la déchirure s’est produite avec les subprimes. On l’avait anticipé. Aujourd’hui, on est dans le nouveau monde. Le monde de l’économie de l’information… C’est peut-être l’un des espaces les plus importants que nous ayons à gérer", a expliqué Thierry Breton.

"Mais il n’est pas du tout encore régulé. Donc, ‘oui’, il peut se produire une déchirure et si cette déchirure se produit, ce sera dans l’espace informationnel (les réseaux sociaux, données des entreprises, les GAFA). Parce que cet espace n’est pas régulé. Parce qu’on y créé énormément de valeur. Parce qu’il n’est pas juste. Parce que c’est un peu encore le Far West… Il n’est pas improbable qu’une crise dans cet espace se répercute sur les autres espaces et c’est cela qu’il faut regarder", a-t-il ajouté.

>> Retrouvez l'interview complète de Thierry Breton 

Les patrons américains d'accord avec Trump sur la Chine

Sur le volet de guerre commerciale, le patron estime que la politique menée par Donald Trump s’avère "assez erratique". Et de poursuivre : "En tout cas en ce qui concerne les relations internationales et celles du commerce. Mais sa posture reste celle d’un négociateur. Elle est vue de façon assez favorable aux Etats-Unis. Y compris, parmi les patrons américains qui, dans leur grande majorité, soutiennent la position de Donald Trump vis-à-vis de la Chine".

Or, il le sait, tout cela a des répercussions sur le commerce mondial, et bien sûr sur l’Europe. A commencer par l’Allemagne. "C’est un facteur de déstabilisation", précise Thierry Breton. Or, "on sait qu’en économie, il faut de la lisibilité".

Julie Cohen-Heurton